
Une étrange atmosphère règne dans le microcosme de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique malgache.
Calme. Grève avortée pour les membres du syndicat du personnel administratif et technique des Universités et section d’Antananarivo (SPATUT). Jeudi dernier, les membres dudit syndicat ont donné un ultimatum de «48 heures aux responsables étatiques pour payer leurs indemnités de technicités des mois de novembre et décembre 2021». Une décision prise suite à une réunion menée à Ankatso le même jour et durant laquelle les syndicalistes ont avancé que «les indemnités de technicité devraient être payées tous les mois». 48 heures après l’ultimatum, le syndicat annonce une «cessation de la grève». «On a eu une discussion avec le directeur administratif auprès du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique aujourd’hui (hier) et ce responsable nous a affirmé que le processus de paiement de nos indemnités est en cours. Nous avons décidé de suspendre la grève annoncée en attendant l’aboutissement de cette démarche déjà entamée», explique Albert Pierre Rakotoson. Si le cas du SPATUT semble s’être calmé, l’on ignore encore ce qui en est des autres sources de tension.
Chaud. Pas plus tard qu’hier, les étudiants de l’université de Mahajanga se sont aussi manifestés pour réclamer le paiement de six mois d’arriérés de bourses d’études et leurs équipements. Pour marquer leur mécontentement, les étudiants ont bloqué l’accès de l’université et ont brandi des pancartes où l’on pouvait lire le ras-le-bol des étudiants quant aux coupures d’eau et d’électricité dans le campus universitaire. Cette manifestation intervient quelques jours seulement après celles organisées par les universitaires d’Antananarivo. Et d’après les étudiants, “elle ne s’arrêtera qu’après satisfaction des revendications”. Par ailleurs, si l’on revient en arrière pour le cas d’Antananarivo, l’échauffourée à l’école polytechnique de Vontovorona du mercredi 16 mars dernier s’est soldée par l’arrestation de deux étudiants et la blessure de trois éléments des forces de l’ordre. La manifestation avait comme motif la revendication du paiement des arriérés de cinq mois de bourses d’études et d’équipements. Les étudiants d’Ankatso se sont également exprimés pour réclamer quatre mois de bourses impayés le vendredi 18 mars dernier. Et à l’accoutumée, ils sont descendus dans la rue pour faire entendre leurs voix. La réponse du ministère de tutelle dans les deux cas de figure se réfère à «l’attente de l’activation des cartes e-poketra devant permettre la distribution des bourses d’études». Pour l’heure, on ne sait pas si cette attente a quelque chose à voir avec les soucis enregistrés dans la digitalisation du paiement des salaires des membres du personnel administratif et technique de la même université annoncée par le ministère chargé du développement numérique il y a de cela quelques semaines. Ce qui est sûr c’est que les diverses revendications ont tout d’un coup surgi quelques jours après l’accouchement du nouveau gouvernement.
José Belalahy




