Une fois que le représentant du ministère public s’en remet à la justice – en terme clair, le parquet général ne demande pas l’application de la loi – pour le traitement de l’affaire, la route vers la liberté s’est profilée pour Lionnel Lelièvre et ses agents. Ce qui devait arriver arriva lors de la prononciation du verdict par la Cour criminelle. Vers 15h30, soit après sept heures et quelques de jugement, la sentence est tombée et les accusés ont été acquittés au bénéfice du doute. Le sentiment était partagé, comme à l’accoutumée, à l’annonce de la décision judiciaire. La joie à l’état pur pour les concernés et la déception de la part de la partie civile qui, rappelons-le, a été victime d’un crime de sang. Me Miadana Ratsimba n’a pas caché son insatisfaction sur le déroulement du procès : « comment se fait-il que le Parquet général, en juin 2021, ait été à l’origine du recours en cassation et aujourd’hui, le même ministère public requiert une non application de la loi? Tout simplement scandaleux…». Un autre coup de théâtre hier lorsque les policiers issus du service d’Interpol étaient sur les lieux. Ils attendaient la sortie de salle de Lionnel Lelièvre et consorts pour demander aux agents pénitentiaires la remise entre leurs mains des accusés fraîchement libérés. Une demande qui n’a pas abouti et le ton a été haussé sur place. Il a fallu une intervention de la Justice pour calmer le jeu. Ils arguent sur le respect de la procédure notamment le respect du délai de trois jours francs pour laisser à la partie civile la possibilité d’un pourvoi ou non en cassation. D’après eux, durant ce délai, les concernés ne doivent pas être mobilisés à Tsiafahy. L’explication a calmé le jeu pour les protagonistes et les quatre individus jugés ont pu rejoindre sous haute surveillance des agents pénitentiaires la prison de Tsiafahy. Un mandat d’arrêt international est-il en vigueur sur cette affaire dans lequelle Interpol s’active ? La question se pose et si c’est le cas, le rideau n’est pas encore tombé sur cette saga judiciaire…
D.R




