En cas de litispendance où deux juridictions sont saisies de la même affaire, la juridiction saisie en premier doit boucler totalement le dossier avant que la deuxième ne prenne le relais. C’est le cas justement de l’affaire Lionel Lelièvre où, alors que ce dernier a été acquitté à Madagascar, il a fait l’objet d’un mandat d’arrêt international et d’une intervention d’Interpol. La suite, on le sait. À la sortie de l’audience, des éléments de la brigade criminelle ont tenté de l’arrêter. Une tentative d’arrestation irrégulière, selon les avocats de Lionel Lelièvre qui, lors d’une conférence de presse qu’ils ont donnée hier au Motel Anosy, ont affirmé qu’il fallait encore attendre un délai de 72 heures d’un éventuel pourvoi en cassation avant que la justice française se saisisse de l’affaire. Une manière d’expliquer que leur client devait d’abord retourner en prison, et non pas faire l’objet de cette arrestation violente qui a failli tourner au drame. « Notre client a eu très peur car il a reconnu certains des éléments qui l’avaient interrogé pendant l’enquête préliminaire », ont déclaré les avocats de Lionel Lelièvre. Selon eux, leur client est prêt à se soumettre à la justice française, mais une fois seulement le dossier complètement bouclé par la justice malgache. En l’occurrence, dans l’attente de ce délai de 72 heures. « D’ailleurs, nous avons déjà procédé à la réservation d’un billet pour son déplacement vers la France », a affirmé Me Fanomezantsoa Heriniaina. En somme, Lionel Lelièvre est bel et bien prêt à faire face à la justice française pour défendre son innocence. « Il a été acquitté parce que nous avons pu démontrer qu’il n’est pas l’auteur du meurtre dont il a été accusé », selon les avocats qui ont affirmé que les juges malgaches ont rendu leur verdict en toute indépendance. Bref, du moins pour la partie malgache, on sera fixé sur cette affaire, une fois le délai de 72 heures passé.
R.Edmond.




