
Le cinéma malgache bouge d’un ton. « Zanapokonolo », le film documentaire de Mamy Tiana Raberahona sera projeté à la 38è édition du festival Vues d’Afrique au Canada.
Sur plus de 5 000 films reçus, le comité de sélection du festival Vues d’Afrique a retenu 118 films issus de 44 pays. 90% des films de la programmation 2022 sont des premières canadiennes, dont « Zanapokonolo ». Sélectionné dans la catégorie documentaire du RFC 16, le film de Mamy Tiana Raberahona porte un regard sur le hors-champ social. « Zanapokonolo n’est pas un film engagé. C’est juste un constat de la réalité tananarivienne dans la résilience, qui fait de ce long métrage un intemporel, malheureusement !», raconte le cinéaste. Le fil tourne autour « d’à quel point le destin chaotique de Madagascar peut redessiner une trajectoire individuelle… À la veille de l’élection présidentielle de 2018, le réalisateur Mamy Tiana Raberahona fait de la place au hors-champ social où des portraits sociaux se mêlent à une scène de sauvetage d’une noyade pour donner une désillusion en effroi d’une société en pleine désuétude…. ».
Habit d’Harlequin. « Zanapokonolo » est le patchwork d’une vie quotidienne ou plutôt une reconstitution du réel, allant du raz-le-bolisme politique du peuple, jusqu’au faits divers, l’intervention des pompiers lors d’une noyade d’un suicidaire sur le pont de Tanjombato. Par ailleurs, ceci est la trame même du documentaire de 20 minutes. En passant par la culture, le « famadihana » entre autres, ou encore les faits de société à travers un mini-portrait d’une lavandière. « Certes, le film porte un regard sur le côté néfaste de la conjoncture économique à Madagascar. Pourtant, il ne faut pas réduire la Grande île à un cliché car notre pays peut également être défini par d’autres domaines de grande valeur à l’exemple de sa culture et de sa situation géographique ». « Zanapokonolo ne prétend pas être la capitale de Madagascar en miniature mais il s’agit d’une révélation d’un de ses côtés infimes », continue le réalisateur.
Coffret. Premier film de la collection « Gens de Tanà », « Zanapokonolo » fera partie d’un coffret de films documentaires à venir avec « Zaza niangarana », le portrait du chanteur « Fidimalala », « Les dribles de Mbahiny ». Penché actuellement sur ces projets, le journaliste et anthropologue Mamy Tiana Raberahona réalise son premier film « Les gardiens du temple » diffusé par TV5 Monde en 2010. Il sort son tout premier film « La terre et les ancêtres » en 2008, en collaboration avec le Centre d’études africaine et le laboratoire d’anthropologie visuelle. Depuis, il a travaillé pour des diffuseurs francophones sur la publication d’émissions telles que « La route de l’impossible ». En tant qu’anthropologue, il fait du devoir de mémoire objectif son impératif. « Comme nous avons perdu tout repère culturel, nous avons automatiquement l’impression de ne plus tirer quelque chose de la mémoire collective », enchaîne-t-il. De ce fait, sa casquette de cinéaste lui permet de travailler à partir des traces de mémoires dont le portrait de Fidimalala et l’histoire de « L’Hippodrome de Mahamasina », le sujet de son prochain film. Une sortie qui coïncide avec la 120è année de la course hippique à Madagascar.
Zo Toniaina




