
L’Etat affirme ne pas reculer dans la poursuite du projet Tana-Masoandro.
Aujourd’hui, l’Etat entre dans la première phase du projet Tana-Masoandro. Les conditions préalables ont été scrupuleusement respectés. Le plan de réinstallation mis en œuvre dans le cadre de Tana-Masoandro est « inédit et particulièrement soucieux du bien-être des personnes affectées par le projet (PAPS) au nombre de 231 », selon une source autorisée auprès de cette institution. De nombreuses alternatives ont été offertes à ces dernières si l’on s’en tient à ses dires. Entre autres, la facilitation pour accéder au Fonds de développement agricole, Fihariana, permettant l’échange terrain, l’appui et diverses formations. Les PAPS auraient même l’opportunité de bénéficier prioritairement des 320 logements sociaux construits à l’entrée de la nouvelle ville. « C’est une approche inédite. Les différents projets impliquant des expropriations n’ont jamais offert de pareilles alternatives », note notre source. Aujourd’hui, une superficie de 550 ha est déjà disponible après des lettres de consentement signées par des propriétaires. Une enveloppe de 20 milliards ariary est également prévue pour une première vague de paiement de compensations. Le projet avance malgré le blocage orchestré par quelques personnes. « Le Secrétaire d’État chargé des Nouvelles Villes et de l’habitat auprès de la Présidence de la république a toujours été à l’écoute. Il a même amendé le plan initial pour préserver et sauvegarder les lieux culturels ainsi que les zones d’activité. Mais l’administration usera des prérogatives définies par le décret d’utilité publique le cas échéant. L’Etat tend la main. La commune doit confirmer son engagement pour la réalisation de ce projet phare du Président », renchérit notre interlocuteur.
Point de discorde. L’un des principaux griefs du Premier magistrat de Tsimahabeomby serait la fin de non-recevoir des multiples demandes d’audience qu’il aurait formulées auprès du Secrétaire d’Etat en charge des Nouvelles Villes, maître d’œuvre principal de Tana-Masoandro. Ce à quoi notre source répond « le maire n’a jamais déposé de demande d’audience, contrairement à ce qu’il défend corps et cris à travers les médias. A de multiples reprises, il a été invité à discuter au sein du SENVH, ce qu’il a toujours refusé ». Aujourd’hui, le maire est à la tête d’une petite poignée de dissidents au projet. Quand le ministre a pris les rênes du portefeuille des nouvelles villes et des habitats, la collaboration avec cet édile aurait été au beau fixe. « La partie étatique s’était fortement engagée en faveur de la commune et de ses habitants en aidant à mettre en place les infrastructures, par exemple en construisant un nouvel abattoir pour la commune, car l’ancien, implanté au cœur du site qui prévoit la construction des nouveaux logements, devrait être détruit », explique la source auprès du SENVH. Mais la situation a quelque peu changé « avec un revirement de bord du maire qui a toujours joué un rôle trouble, animé par des velléités politiques. Il n’a jamais vraiment joué le jeu », déplore notre source.
Recueillis par José Belalahy



