
La Banque mondiale accorde à Madagascar un financement de 400 millions de dollars, soit plus de 1600 milliards d’ariary pour améliorer la connectivité, la résilience et la gestion des routes principales dans certaines zones rurales de Madagascar, notamment dans le Sud.
Selon un communiqué publié depuis par Washington, ce financement a été approuvé le 25 mars dernier et comprend 200 millions USD de crédit et un élément don de 200 millions USD, afin d’aider le pays à améliorer l’accès des communautés rurales aux opportunités sociales et économiques. A noter que ce financement s’inscrit dans le cadre du projet « Connecter Madagascar pour une Croissance Inclusive », ainsi que les projets en cours « Appui à la connectivité des transports » et « Développement durable du secteur routier de Madagascar ». Selon l’institution de Bretton Woods, il s’agit d’un soutien à la vision du gouvernement de développer le secteur des transports en utilisant une approche intégrée à long terme et multimodale. « La Banque mondiale a considérablement augmenté ses investissements dans le secteur des transports et de la connectivité au cours des deux dernières années, car nous sommes convaincus qu’une meilleure connectivité des transports est la clé du développement économique et social de Madagascar. En mettant l’accent sur le Sud, nous espérons que ce projet contribuera à revitaliser le développement de cette région qui a longtemps souffert de l’isolement et des épisodes récurrents de sécheresse », a déclaré Marie-Chantal Uwanyiligira, responsable des opérations de la Banque mondiale à Madagascar.
Routes. Afin d’améliorer la connectivité, les investissements à réaliser à partir du financement concernent la réhabilitation et le revêtement d’un tronçon de 100 km de la RN31 entre Mangaoka et Bealanana et de 400 km de la RN10. Selon les informations émanant de la Banque mondiale, le projet soutiendra également l’entretien d’environ 500 km de routes locales à proximité de la RN10 et de la RN31 pour atteindre les communautés rurales adjacentes. En effet, la réhabilitation de la RN10 et des routes locales associées permettra un accès fiable tout au long de l’année à la partie sud du pays qui est la plus touchée par l’insécurité alimentaire, tandis que la réhabilitation de la RN31 et des routes locales associées permettra de désenclaver une région agricole clé dans le nord-ouest du pays. Pour la Banque mondiale, la construction des routes est cruciale et leur entretien l’est tout autant pour leur durabilité, d’où l’importance d’institutions indépendantes et bien gérées dans le secteur routier. Le nouveau projet vise également à renforcer ces institutions et pilotera des micro-entreprises, des contrats basés sur la performance et d’autres programmes d’entretien communautaires afin d’assurer rapidement les réparations des routes locales, une meilleure réalisation des infrastructures pour la connectivité du dernier kilomètre et la création d’opportunités d’emploi, en particulier pour les femmes et les jeunes.
Commerce. Certes, l’accès au marché nécessite une amélioration des infrastructures. Dans le cadre du projet, la Banque mondiale a évoqué des interventions complémentaires pour optimiser l’utilisation et les avantages des routes dans les zones rurales. Elle a cité l’exemple des kiosques d’information reliés à l’internet, qui seront installés pour contribuer au développement rural et remédier aux asymétries d’information liées aux prix du marché agricole et aux prévisions météorologiques. D’autres activités comprennent des installations de stockage pour l’eau et les produits, ainsi que des travaux communautaires visant à améliorer d’autres infrastructures rurales sélectionnées, notamment des trottoirs, des pistes cyclables et des ponts pour les piétons (et le bétail) le long des chemins. « Le projet vise à fournir un accès routier fiable aux marchés et aux services dans certaines des régions les plus pauvres de Madagascar, tout en intégrant des caractéristiques permettant de maximiser les avantages socio-économiques de ces routes pour les communautés rurales adjacentes », a indiqué Ziad Nakat, spécialiste principal des transports à la Banque mondiale pour Madagascar. D’après ses dires, il s’agit du troisième projet préparé au cours des deux dernières années pour soutenir un développement holistique du secteur des transports dans le pays. Bref, le programme d’investissement de la Banque mondiale pour les routes et le transport à Madagascar est en hausse et s’élève désormais à 740 millions de dollars.
Antsa R.



