Un autre revirement dans l’affaire qui concerne l’assassinat de Danil Radjan. Si les observateurs attendaient l’épuisement des trois jours francs avant la procédure d’extradition de Lionel Lelièvre au pays requérant (France) et non moins à l’origine du mandat d’arrêt international, un procès en extradition a eu lieu hier à Anosy. De sources concordantes, l’intéressé a été libéré à l’issue du jugement. Nos sources auprès de l’administration pénitentiaire ont confirmé sa sortie de la maison de force de Tsiafahy, hier. Une décision que la famille du défunt trouve aberrante, notamment à cause du fait que la justice malgache s’évertue à la libération du concerné malgré les preuves avancées contre lui ainsi que les aveux de crime durant la saga judiciaire. « Pourquoi cette volonté manifeste-t-elle de tout accélérer ? Le procès en cour criminelle prévu au mois de juin est une première quand on sait que les dossiers s’empilent en attendant les sessions de la cour. Il aura seulement fallu un an pour boucler l’instruction. Il en est de même pour le renvoi de la cour de cassation », selon la famille. L’avocat français, Me Nicolas Goutx a prononcé son avis sur l’affaire : « J’ai consulté plusieurs revues de presse qui m’ont été communiquées par la famille. Pour être parfaitement objectif, il en ressort que chacune des parties exprime certaines critiques vis-à-vis de la justice qui vient d’être rendue de telle sorte qu’elle ne peut être satisfaisante puisque non acceptée, par personne ». Pour rappel, ce dernier a saisi le parquet de Versailles pour traiter l’affaire et surtout pour requérir une demande d’extradition. Et lui d’ajouter que : « d’un point de vue purement légal, cela peut s’entendre puisque les autorités judiciaires malgaches ont œuvré sans réelle communication avec les autorités judiciaires françaises dont elles n’ignorent précisément pas l’existence. De façon un peu convenue, je dirais qu’à partir du moment où la justice française va instruire avec rigueur, à charge et à décharge, de façon poussée mais avec les éléments matériels en sa possession, ce dossier et son issue, si elle n’est satisfaisante, devrait au moins être acceptée juridiquement. Vu de ma fenêtre, c’est un travail que l’on se doit notamment de mener pour la famille du défunt ». De sources généralement informées, cette affaire aurait été discutée en conseil des ministres, hier. Si le cas est avéré, ce dossier est-il en passe de devenir une affaire d’État ? En tout cas, une chose est sûre, elle est discutée en très haut lieu puisqu’avant tout, l’exécution (ou non) d’un mandat d’arrêt international qui passe par Interpol se fait à l’issue d’une coopération judiciaire entre le pays requérant et le pays requis.
T.M



