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Trafics d’espèces endémiques : Plus de 21 000 tortues saisies entre 2018 et 2021

Des tortues saisies dans la région Androy, le 26 mars dernier

Le trafic de bois précieux et d’espèces sauvages serait alimenté par une corruption à tous les niveaux si l’on s’en tenait au ministère de l’Environnement et du Développement durable. 

Un fléau. C’est ce qui caractérise le mieux le trafic d’espèces sauvages et de bois précieux à Madagascar. Un fléau qui constitue une des principales menaces qui pèsent sur la biodiversité dont les impacts et conséquences touchent aussi bien l’environnement que la vie socio-économique du pays en général. Les divers coups de filet effectués par le ministère chargé de l’Environnement et du Développement durable et de ses partenaires, la semaine dernière, en constituent de parfaites manifestations. Des centaines d’espèces de faunes et de flores endémiques de la Grande île ont été saisies en une semaine dans plusieurs régions du pays. Les chiffres concernant le commerce illégal de bois et d’espèces sauvages à Madagascar sont tout aussi affolants. Selon les données du TRAFFIC, une organisation non gouvernementale qui travaille à l’échelle mondiale sur le commerce des animaux et des plantes sauvages, « plus de 21 000 tortues endémiques de Madagascar auraient été saisies entre 2018 et 2021 ». Ces espèces feraient ainsi « l’objet d’un trafic illégal à grande échelle si l’on s’en tenait au ministère de l’Environnement et du Développement durable ». Aussi, « environ 104 tonnes de bois de rose et d’ébène ont été exportées, « avec un volume légal de seulement 39% soit 40,550 tonnes, entre 1998 et 2014 ».

Rencontre. Un forum de partage sur les enjeux du projet « Lutte contre la corruption et le trafic d’espèces » s’est tenu les 31 mars et 1er avril derniers à Anosy. L’évènement s’est présenté comme une opportunité pour tous les acteurs internes et externes impliqués dans la mise en œuvre du projet d’échanger leurs vécus, les défis et problématiques de la lutte contre le trafic d’espèces sauvages à Madagascar. Il conviendrait de noter que ce projet, qui est sous le lead du WWF, repose sur un partenariat entre le TRAFFIC, Transparency International-Initiative Madagascar (TI-MG) et l’Alliance Voahary Gasy (AVG). Une mise en œuvre qui se base donc « sur un consortium combinant des expertises et des compétences différentes et dont l’objectif est de lutter contre le commerce illégal des espèces sauvages et/ou protégées, de réduire la corruption dans le secteur et d’appuyer le renforcement des mécanismes d’application de la loi à tous les niveaux ».

José Belalahy

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