
Les entreprises à participation de l’Etat jouent encore un rôle important dans l’économie de Madagascar. D’après une publication du ministère de l’Economie et des Finances sur son site internet, la Grande Île compte actuellement 53 entreprises publiques.
Ces entreprises interviennent notamment dans des secteurs variés comme la fourniture en eau et électricité, les transports, les produits pharmaceutiques, les services financiers, l’agroalimentaire, les mines, et le tourisme.
Jirama et Air Madagascar. Des entreprises dont les situations financières ne sont malheureusement pas au vert puisque la plupart d’entre elles sont endettées. « Leur dette est estimée à 2,3% du PIB » selon le département de l’Economie et des Finances. La compagnie d’électricité Jirama et la compagnie aérienne nationale figurent probablement parmi les entreprises qui rencontrent des problèmes financiers et d’endettement, obligeant l’Etat à les subventionner. On rappelle par exemple qu’en 2021, la JIRAMA avait demandé 100 milliards d’ariary de subventions. Air Madagascar quant à elle compte des millions de dollars de dettes dont le remboursement est en grande partie pris en charge par l’Etat. Ce qui oblige ce dernier à faire preuve de rigueur dans la gestion des finances et des dettes des entreprises publiques. Une rigueur à laquelle s’attelle le ministère de l’Economie et des Finances. « Dans le scénario de document de référence et d’analyse de la viabilité de la dette du FMI ; il est nécessaire que les dettes des entreprises publiques soient soumises aux mêmes exigences de transparence que les autres entités publiques », a en effet rappelé la ministre de l’Economie et des Finances Rindra Hasimbelo Rabarinirinarison, lors de l’ouverture de la 3éme édition du séminaire sur la transparence budgétaire en Afrique Francophone Subsaharienne qui s’est tenue en visioconférence les 28 et 29 mars derniers.
Initiatives présidentielles. La ministre de l’Economie et des Finances a confirmé à cette occasion que la transparence budgétaire et la redevabilité sont parmi les initiatives présidentielles que le gouvernement tient à pratiquer dans le cadre de la politique générale de l’Etat. « Cet engagement se concrétise par un axe stratégique spécifique visant à rétablir la confiance du public en l’administration et la bonne gouvernance à travers l’innovation numérique et en mettant en œuvre les réformes nécessaires pour des agents de l’Etat responsables et redevables ». a-t-elle ajouté. En effet, « l’objectif final de cet engagement est une utilisation à bon escient des ressources publiques pour accompagner l’émergence du pays et atteindre l’objectif zéro corruption. Il implique en outre, pour le pays, des efforts accrus dans un contexte fortement marqué par d’autres urgences qu’elles soient sociales, sécuritaires, ou encore climatiques ». En tout cas, comme la grande majorité des pays participants à ce séminaire, Madagascar est conscient des efforts nécessaires à déployer pour mettre en œuvre les meilleures pratiques et s’aligner aux normes et standards internationaux de gestion des finances publiques et de la dette publique. Une dette publique gérée avec prudence, selon le rapport sur l’analyse de la viabilité de la dette (AVD) de Madagascar en 2021. « La gestion de la dette de l’Etat s’est faite de manière très prudente en respectant une directive bien définie et stricte afin de
s’assurer de la soutenabilité de la dette », indique ce rapport qui parle d’un niveau de surendettement modéré donnant encore à Madagascar une marge pour contracter des emprunts pour des projets de développement. « Convenue avec le Fonds Monétaire International (FMI) dans le cadre de la Facilité Elargie de Crédit (FEC) 2021-2024, cette directive consiste à respecter un plafond de la nouvelle dette extérieure contractée ou garantie par le Gouvernement Central et la Banky Foiben’i Madagasikara (BFM) fixé à 800 millions USD en valeur actuelle, pour la période allant de mars 2021 à mars 2022 . Le respect de ce plafond d’endettement permettrait à Madagascar de maintenir son risque de surendettement à un niveau modéré ».
R.Edmond.




