
Avec « Tomboka hasambarana », l’artiste contemporaine Richianny Ratovo reconsidère l’essentiel. Son installation se trouve à l’Ifm Analakely depuis lundi et y sera jusqu’au 7 mai. Elle démystifie alors les sombres desseins du présent, pour le panser de l’essentiel. Son style apporte la nostalgie d’un temps révolu, presque fantasmé. La réalité étant telle qu’elle est, elle imprime alors à travers ses créations une douceur têtue. Magnifique, parfois ressentie comme accablée, la peintre donne le ton d’avoir vécu maintes épreuves ces derniers temps. Un exutoire, tant pour elle que pour le public. À force de sillonner les expositions d’autres artistes dans la capitale en post-confinement et mesures sanitaires, « Tomboka hasambarana » ressort fidèle au contexte actuel. Une réponse décalée de Richianny Ratovo en somme. Quand le simple visiteur rencontre ses œuvres, il est happé par cette composition des couleurs, des traits, des corps aériens et des visages impassibles des personnages, comme apaisés.
L’exposition propose des œuvres sur toile, sur du cuir étiré au maximum faisant office de tableau, ou encore sur du liège… Même si cela nécessite un processus complexe, le cuir reste un support efficace. Dès l’entrée de la salle d’exposition, un visage en profil d’une femme aux larmes d’or, surplombe le visiteur. Tournée vers la gauche, elle semble être encore débitrice de son passé. La visite se poursuit ensuite sur une série de pavés lisses, hachurés de croquis. Un cheminement à pas de loup vers ce qui va suivre. Cette exposition est « une ode à la sensibilité et à l’amour. Richianny Ratovo se réapproprie des rencontres du quotidien, saisit des ‟ petits bonheurs ” qui constituent le point de départ de son projet en 2020. Le reste des peintures rassemblent alors des scènes de vie, depuis les simples passants au village du terroir. La tonalité n’est jamais folklorique. Ce qui la distingue de bon nombre d’artistes actuels. Soit trop bavard, soit trop contemplatif. « Tomboka hasambarana » en sort comme un partage d’amour orchestré et équilibré.
Durant le vernissage de l’exposition lundi en début de soirée, les trois lauréats de Paritana 2022 ont été annoncés. Il s’agit de Mahefa Dimbiniaina Randrianarivelo, Olivia Bourgois et Viviane Rakotoarivony.
Maminirina Rado




