C’est donc un véritable raz-de-marée qui a eu lieu à l’Assemblée nationale pour renverser le gouvernement de François Bayrou. Le vote était attendu, mais l’ampleur du score (364 pour, 194 contre et 15 abstentions) ne laisse aucun doute sur la volonté des députés de tourner la page. Le Premier ministre a remis sa démission hier après-midi au président Emmanuel Macron et la question de sa succession à Matignon se pose avec acuité. La décision en revient au chef de l’État et les supputations vont bon train sur la rapidité ou la lenteur avec laquelle il va procéder.
Le choix difficile du successeur de François Bayrou
Les chroniqueurs politiques restaient très prudents sur la suite des événements qui devaient suivre cette censure du gouvernement Bayrou. Hier après-midi, les envoyés spéciaux à l’Elysée essayaient de grappiller des informations sur les intentions du chef de l’État. Certaines sources disaient que la succession de François Bayrou allait se régler rapidement et que le chef de l’État ne voulait pas laisser traîner les choses, mais ces assertions n’ont été étayées par aucune information précise. Dans les rédactions, les représentants de la classe politique interrogés par les journalistes ont développé de nombreuses hypothèses. Des noms de premiers ministrables ont été avancés. Celui de Sébastien Lecornu, ministre de la Défense du gouvernement renversé, a été prononcé à plusieurs reprises, mais même s’il est proche du président français, de nombreux paramètres doivent entrer en compte. Le LR Xavier Bertrand ou la présidente de l’Assemblée Yaël Braun Pivet font partie des nominés. Des commentateurs affirment que la nomination du secrétaire du PS, Olivier Faure, n’est plus possible à cause du rejet des LR appartenant à la majorité. Le temps presse, cependant, car un grand mouvement de protestation va avoir lieu aujourd’hui, appelant au blocage de la France.
Patrice RABE





