
Avec 23 projets en cours, pour un engagement total d’environ 4 milliards de dollars, dont près des trois cinquièmes restent à décaisser, le partenariat entre la Banque mondiale et l’État malgache entre dans une phase de recherche accrue d’efficacité.
Avoir des financements ne suffit plus. Il faut désormais prouver les impacts de ces fonds, selon le ministre de l’Économie et des Finances, Dr Herinjatovo Ramiarison. C’est l’un des messages forts qui se dégagent de la revue du portefeuille de la Banque mondiale à Madagascar, organisée le 27 novembre au Carlton Anosy. A noter que dans ces financements de l’institution de Bretton Woods, les infrastructures concentrent la part la plus importante de ces financements, soit 43% du portefeuille, devant le développement durable (25%), le développement humain (20%) et la croissance équitable, les finances et les institutions (12%). Une structure qui reflète les priorités du pays : routes, énergie, eau, résilience face aux risques climatiques, mais aussi au capital humain, protection sociale, nutrition, santé et soutien au secteur privé.
Empreintes visibles
Au-delà des montants, la Banque mondiale met également en avant son appui analytique et consultatif, destiné à aider le gouvernement à fonder ses décisions sur des données probantes et à améliorer la mise en œuvre des politiques publiques. L’enjeu est clair : chaque dollar engagé doit produire des résultats concrets mesurables pour la population. Le ministre de l’Économie et des Finances, Dr Herinjatovo Ramiarison, a rappelé que les financements au développement doivent laisser une empreinte visible sur le terrain. Il a cité le cas de l’agriculture, secteur ayant reçu d’importants volumes d’appui ces dernières années mais dont les effets restent jugés en deçà des attentes. D’où la nécessité, selon lui, d’une meilleure allocation des ressources et d’un suivi plus rigoureux de l’impact. De son côté, le représentant résident de la Banque mondiale, Atou Seck, a réaffirmé la disponibilité de l’institution à s’aligner sur les priorités économiques de Madagascar et à ajuster les programmes lorsque cela s’avère nécessaire. Il a souligné que l’agriculture pourrait bénéficier de financements beaucoup plus importants si les résultats devenaient plus tangibles. Infrastructures urbaines, eau potable, filets sociaux, éducation, numérique, climat : les champs d’intervention sont vastes. La revue du portefeuille vise précisément à s’assurer que ces 4 milliards de dollars, déjà engagés, contribuent davantage à transformer le quotidien des Malgaches.
Antsa R.





