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vendredi, janvier 9, 2026
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Forces de défense et de sécurité : Les chefs militaires appellent à l’unité et à la solidarité

Trois mois après la tempête politique qui a balayé le sommet de l’État et précipité le départ d’Andry Rajoelina hors du pays, les forces de défense et de sécurité sont toujours en phase de reconstruction.

Secouées de plein fouet par la crise d’octobre, fragilisées par des divisions internes et exposées à une pression politique inédite, les forces de défense et de sécurité tentent désormais de retrouver leur équilibre. Le mot d’ordre, martelé ces derniers jours par les nouveaux chefs militaires, tiendrait en un seul terme : la solidarité. Le tempo est donné dès les premières semaines de la nouvelle année. Fraîchement installés à leurs postes au lendemain du 12 octobre 2025, les responsables des forces armées, de la police et de la gendarmerie multiplient les sorties de terrain. L’objectif affiché est de remobiliser les troupes, de resserrer les rangs et de rappeler la ligne de conduite dans des institutions encore marquées par les secousses politiques.

Le lundi 5 janvier, le ministre de la Sécurité publique, l’inspecteur général de police Erick Michel Idrissa, a ainsi pris son bâton de pèlerin. Sur le terrain, au contact direct des unités, il a livré un message sans détour. « La solidarité sera le garant de l’efficacité et de la réussite des missions », a-t-il déclaré devant les éléments de la police nationale. Le commissariat central de Tsaralalàna, le camp des Forces d’intervention de la police à Antanimora et les bureaux du ministère à Anosy ont servi de tribunes à cet appel à l’unité. Dans un contexte d’après-crise, le message vise à recoller les morceaux et à éviter les fautes de concentration.

Même stratégie du côté de la Gendarmerie nationale, où l’on semble vouloir tourner la page de la crise sans l’ignorer. À Betongolo, lors de la cérémonie de présentation des vœux des corps constitués, le lundi 5 janvier dernier, le ministre délégué chargé de la Gendarmerie nationale, le général de division Marima Bama, a placé la barre haut. Le discours est offensif, presque un plan de jeu. « Chacun doit montrer sa volonté et sa disposition à réformer afin que nous puissions offrir des services plus professionnels à la population », a-t-il lancé. Derrière les mots, un cap, celui de réformer pour regagner la confiance et redorer l’image d’un corps éprouvé par les événements de septembre dernier.

Fractures. Sur le front de l’armée de terre, le même refrain a été repris, avec une intensité toute particulière. Mardi 6 janvier, à Ivato, au camp Mounibou Ismaël, le cinquième anniversaire du Premier Bataillon parachutiste a servi de cadre à un message fort. Le chef d’état-major de l’armée de terre, le général de brigade Heritiana Rakotoarimanana, a insisté sur l’essentiel, notamment de jouer collectif. « Il est important de renforcer la solidarité des armes et des forces de défense et de sécurité dans le cadre de leurs missions communes », a-t-il souligné, avant d’ajouter que cette cohésion sera « la garantie de la réussite ». Un discours qui sonne comme un rappel à l’ordre dans une équipe encore marquée par les fractures. Car, en arrière-plan, l’ombre de la crise d’octobre plane toujours.

La prise de position d’une faction militaire au camp de Capsat a changé la donne politique. Des officiers supérieurs, épaulés par des militaires de rang, avaient alors choisi de soutenir le mouvement populaire déclenché le 25 septembre 2025 dans plusieurs villes du pays. Une intervention décisive, qui a fait basculer le rapport de forces et précipité l’issue de la crise. Andry Rajoelina, alors président de la République, a quitté le pays en catimini pour marquer la fin de son règne. Depuis, les forces de défense et de sécurité évoluent sur une ligne étroite. D’un côté, la nécessité de réaffirmer la discipline, la neutralité et la cohésion. De l’autre, le poids d’un passé récent où l’engagement de certains éléments a profondément influencé le cours des événements.

Les appels répétés à la solidarité des chefs militaires traduisent ainsi une volonté de reprendre le contrôle du jeu, d’éviter les divisions internes et de replacer les institutions sécuritaires dans leur rôle opérationnel. Dans ce contexte, chaque déclaration, chaque déplacement, chaque cérémonie aura valeur de signal. Les chefs militaires cherchent à reconstruire une équipe soudée, capable de tenir la distance et de répondre aux attentes de la population. Le match est loin d’être terminé. Mais une chose semble acquise : pour les forces de défense et de sécurité, la victoire passera par l’unité, la discipline et une réforme assumée.

Rija R.

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1 COMMENTAIRE

  1.  » UNITÉ et SOLIDARITÉ « ! Fallait – il rappeler ceci à des unités en tenue uniforme ? Alors que ça doit être à la premiere page du bréviaire de ces corps.
    Au mieux, fallait – il soulever la Discipline pour former la trilogie de la bonne marche.
    Parmi ces bonnes gens, combien ont manqué à leur vocation en dérivant vers la politique? Combien repondent présent au rappel de leur option d’ engagement ?…
    Si fausses notes il y a; c’est que déviance il y avait.

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