

Une dépréciation continue de la monnaie locale par rapport aux devises de référence, notamment l’euro, est observée ces derniers temps.
Les cours de référence publiés par la Banky Foiben’i Madagasikara à la clôture de ses opérations d’hier sur le Marché interbancaire de devises (MID) indiquent que l’euro s’échange à 5 279 ariary, tandis que le dollar s’établit à 4 552 ariary. Selon le Pr Olivaniaina Rakoto Davida, président du Cercle de Réflexion des Économistes de Madagascar (CREM), « cette dépréciation continue de l’ariary est due à une forte demande de devises liée aux importations, conformément à la loi de l’offre et de la demande sur le MID. Bien que le déficit commercial affiche une baisse, les importations ont progressé plus rapidement que les exportations. Par ailleurs, les prix des produits importés ont fortement augmenté durant la période des fêtes de fin d’année ».
Spéculation. De son côté, il souligne que « l’offre de devises provenant des exportations et des financements extérieurs demeure insuffisante pour satisfaire cette demande, ce qui a entraîné une perte de valeur de la monnaie nationale par rapport aux devises de référence ». D’après un opérateur du secteur du change, certains exportateurs se sont retirés du marché en raison de la situation qui prévaut dans le pays depuis septembre 2025, ce qui a contribué à la diminution de l’offre de devises. En outre, le Pr Olivaniaina Rakoto Davida estime que la spéculation sur les devises constitue également un autre facteur aggravant de la dépréciation de l’ariary. « Certains opérateurs profitent des fluctuations des cours en retenant des devises étrangères afin d’en tirer un bénéfice plus important », précise-t-il.
Mesures d’encadrement. Face à cette dépréciation persistante de l’ariary par rapport aux devises étrangères, le président du CREM préconise une révision de la politique de change menée par la Banque centrale de Madagascar, dans l’objectif de mieux stabiliser la monnaie nationale. À titre d’illustration, il suggère que « cette institution financière pourrait, entre autres, injecter des devises sur le marché interbancaire si elle dispose de réserves de change suffisantes. À défaut, des mesures d’encadrement du taux de change pourraient être mises en place, notamment par la fixation de taux planchers et plafonds pour les transactions en devises ». Il ajoute également qu’« il est nécessaire d’augmenter le rapatriement des devises issues des recettes d’exportation afin de combler cette demande en devises ».
Hausse des prix. Du côté des importateurs, nombreux sont ceux qui se plaignent de cette dépréciation de l’ariary, laquelle entraîne une hausse des prix des produits importés, notamment les denrées alimentaires et les biens de consommation courante. Or, le pouvoir d’achat des ménages ne cesse de se détériorer depuis plusieurs années, rendant l’écoulement des produits sur le marché local de plus en plus difficile. Bien que la perte de valeur de la monnaie nationale soit censée améliorer la compétitivité des exportations sur le marché international, certains opérateurs soulignent que leurs coûts de production augmentent en raison de la hausse des prix des matières premières et des équipements importés.
Navalona R.


