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mercredi, janvier 14, 2026
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Association des Anciens Ministres et Parlementaires : Pour la mise en place d’une « Charte de la Refondation »

Trois mois après l’éviction de l’ancien régime et l’instauration de la Refondation de la République de Madagascar, une partie de la classe politique appelle à la mise en place d’une « charte de la Refondation » pour mieux gérer la transition.

Les membres de l’Association des Anciens Ministres et Parlementaires (AAMP) ne cachent plus leurs inquiétudes face à la trajectoire actuelle de la Refondation du pays. Lors d’une conférence de presse tenue hier au By-Pass, ils ont exprimé leur désaveu et proposé des solutions pour redresser la situation. Selon Eléonore Johasy Raharisoa, membre influente de l’AAMP et ancienne élue de Vangaindrano, il devient impératif de mettre en place une « Charte de la Refondation » pour encadrer et structurer la gestion du pays pendant cette période de transition.

Stabilité. Cette charte, selon elle, devrait permettre de garantir la stabilité, l’ordre et l’apaisement nécessaires à la production économique. Elle vise également à restaurer la confiance mutuelle entre les autorités et la population, tout en promouvant l’équilibre régional et la parité entre les sexes au sein de l’administration publique. « Il est urgent de coordonner les différents niveaux de pouvoir pour éviter les dysfonctionnements », a-t-elle souligné. Ces propositions rejoignent en grande partie les résolutions prises lors des assises des partis politiques d’Ankorondrano, en décembre dernier.

Obsolètes. L’AAMP va plus loin dans ses revendications en appelant à la suppression de plusieurs institutions et organes jugés obsolètes, à savoir le Sénat, l’Assemblée nationale, la HCC, la Haute Cour de justice, la CENI, la CNIDH, le HCDDED et le CFM. Selon l’association, il est crucial de renforcer et de créer des institutions adaptées aux besoins de la Refondation. Cette proposition s’inscrit dans une vision plus large : sortir le pays de la pauvreté en réformant en profondeur le système de gouvernance.

Vestiges

Bary Emmanuel Rafatrolaza, ancien vice-ministre chargé de la coopération, un autre membre de l’AAMP, a insisté sur le fait que des vestiges du précédent régime persistent encore dans la structure actuelle du pouvoir, freinant ainsi toute évolution significative. L’objectif de ces réformes serait de sortir le pays de la division et de l’appauvrissement, tout en protégeant les intérêts nationaux, en luttant contre les abus de pouvoir et en instaurant une gouvernance plus respectueuse de la loi. Il s’agit aussi de renforcer l’unité nationale et de stabiliser le régime de transition.

Cadre clair. La proposition d’une « Charte de transition » n’est cependant pas nouvelle. L’ancien président Marc Ravalomanana a été l’un des premiers à en faire la demande. De plus, des voix s’élèvent dans la société civile, y compris parmi la génération Z, pour souligner l’importance d’un cadre clair afin d’accompagner le pays sur le chemin de la Refondation. Cependant, cette initiative se heurte à une opposition farouche des actuels détenteurs du pouvoir, qui y voient un moyen d’acquérir des positions politiques pendant la transition. Une partie de la population reste également sceptique quant à la possibilité de réussir une véritable Refondation si celle-ci s’appuie sur les institutions et les figures du régime précédent, jugées responsables de la situation actuelle. Pour beaucoup, la Refondation ne pourra se faire que si des changements profonds sont opérés à tous les niveaux.

Julien R.

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