Les deux membres du gouvernement ont reçu des critiques acerbes en raison de leur absence à la cérémonie de présentation de vœux qui s’est tenue samedi dernier au Magro Tanjombato.
Deux ministres ont brillé par leur absence lors de la présentation de vœux du parti Tiako i Madagasikara, qui s’est tenue au Magro Tanjombato samedi dernier. Il s’agit de Hanitra Razafimanantsoa, ministre d’État auprès de la Présidence en charge de la Refondation, et Lily Rafaralahy, ministre du Tourisme et de l’Artisanat au sein du gouvernement Herintsalama Rajaonarivelo. Leur absence n’est pas passée inaperçue durant cet événement initié par Marc Ravalomanana et par le Bureau politique du TIM, dont l’objectif était de réaliser une démonstration de force et de redynamiser les partisans. Les collaborateurs des deux ministres ont expliqué leur absence par la nécessité d’observer une neutralité politique vis-à-vis de l’Administration, notamment en cette période où le processus de concertation nationale est en cours. Une excuse que certains observateurs considèrent comme « fallacieuse ». D’autant plus que, pour sa part, la ministre de la Population et de la Solidarité, Sidonie Raharinirina, était présente à la présentation de vœux des partisans du parti Malagasy Miara-Miainga, qui avait été organisée le même jour. À la suite de cette absence remarquable et très remarquée, Hanitra Razafimanantsoa et Lily Rafaralahy, élues respectivement députée et conseillère municipale sous les couleurs du TIM, sont sur la sellette au sein de leur propre parti. Certains barons du TIM n’ont d’ailleurs pas mâché leurs mots en les accusant d’avoir oublié leur famille politique au profit de leur « seza » et de leurs intérêts personnels. Pour ne citer que le député d’Ambatondrazaka, non moins vice-président de l’Assemblée nationale, Fidèle Razara Pierre, qui a lancé une mise en garde à peine voilée contre les deux membres du gouvernement, tout en rappelant que si elles sont à leur place aujourd’hui, c’est grâce au président Marc Ravalomanana et au parti Tiako i Madagasikara.
Scission
En tout cas, quoi que l’on dise, force est de constater que l’ancien parti au pouvoir est de nouveau confronté à un risque de scission. Comme ce fut le cas durant la période transitoire de 2009 à 2014, quand les partisans du TIM ont accusé Vyvato Rakotovao, Emile Ratefinanahary, Riana Andriamandavy, Roland Ravatomanga et consorts d’avoir trahi le « tolona », qui consistait à l’époque à réclamer le retour au pays de Marc Ravalomanana, alors en exil politique en Afrique du Sud. Nul n’ignore pourtant que, pour pouvoir rivaliser avec les grandes forces politiques du pays lors des prochaines échéances électorales, le parti de Dada a besoin de rassembler tous ses ténors et tous ses partisans. Pour l’heure, les ministres TIM au sein du gouvernement Herintsalama Rajaonarivelo n’ont pas réussi à convaincre les tenants du pouvoir de la Refondation par rapport à la demande de réouverture de la société TIKO. D’après les informations, la décision se heurterait à un blocage de la part de certaines grandes figures du régime. À l’allure où vont les choses, la tension entre les partisans de Ravalo et le régime de Refondation risque de prendre de l’ampleur.
Davis R


