
Dans un contexte politique marqué par des méfiances mutuelles entre les acteurs politiques, Antoine Rajerison soupçonne un deal politique entre l’IRMAR et le régime actuel, renforçant la méfiance populaire.
Alors que certaines destitutions de députés suscitent encore des interrogations et des débats au sein de l’opinion publique, Antoine Rajerison, député d’Arivonimamo, émet de sérieux doutes sur les véritables raisons de cette décision, qui a largement circulé sur les réseaux sociaux depuis mardi dernier. Selon lui, cette mesure, dont les détails restent flous, pourrait dissimuler un accord politique entre l’IRMAR (Isika Rehetra Miaraka amin’i Andry Rajoelina) et le gouvernement en place.
Épargnés. À ce jour, le texte officiel de la décision de la Haute Cour constitutionnelle (HCC) n’a toujours pas été rendu public, alors que ses effets se font déjà sentir à l’Assemblée nationale. Cette absence de communication alimente les suspicions, d’autant plus que certains députés réputés absents ou peu actifs ces derniers mois n’auraient pas été concernés par la destitution. Antoine Rajerison s’interroge notamment sur le cas de députés issus de l’ancienne plateforme présidentielle, perçus comme proches du pouvoir, qui auraient été épargnés. Le député cite, entre autres, le cas d’Ahmad Ahmad, destitué sans explication officielle, tandis que d’autres élus absents lors de la dernière session parlementaire, tels que Naivo Raholdina, Lanto Rakotomanga ou encore la députée de Toamasina, Irma, n’auraient fait l’objet d’aucune sanction. Une sélection jugée troublante et de nature à fragiliser la crédibilité du processus.
Méfiance. Antoine Rajerison pointe également du doigt l’absence de remise en cause des présidents des commissions permanentes, pour la plupart issus de l’IRMAR et nommés sous l’administration actuelle. Il cite notamment Herilaza Imbiky (Commission nationale de la sécurité), Tiana Razafimahefa (Commission économique et monétaire) et Bavy Savatsara (Commission juridique), tous occupant des postes stratégiques au sein de l’institution. Pour le leader du mouvement FIVOI, cette situation traduit une volonté de changement de façade, sans toucher aux véritables centres de décision. Il évoque même un repositionnement politique discret de certains acteurs de l’IRMAR en vue d’objectifs futurs. Dans un contexte marqué par de fortes attentes populaires, ces zones d’ombre autour des destitutions renforcent la méfiance et entretiennent le doute sur la réalité d’un véritable renouvellement politique.
Julien R


