Des espèces uniques de baobab sont concentrées sur la Grande île. Leur conservation est une priorité absolue compte tenu de leur rôle écologique.
Madagascar concentre l’essentiel de la diversité mondiale des baobabs. Sur les neuf espèces recensées dans le monde, sept sont présentes sur la Grande île et six sont strictement endémiques. L’espèce la plus connue, Adansonia grandidieri, domine le paysage de l’Avenue des Baobabs, dans la région Menabe. Avec ses troncs élancés pouvant dépasser 25 mètres de hauteur, elle constitue aujourd’hui l’un des symboles naturels les plus forts du pays. D’autres espèces, comme Adansonia perrieri ou Adansonia suarezensis, disposent d’aires de répartition très limitées, parfois réduites à quelques forêts résiduelles du nord et de l’ouest. Ces arbres jouent un rôle écologique majeur, tels que le stockage de l’eau, la protection des sols ou encore le maintien de la biodiversité locale. Leur longévité exceptionnelle, souvent pluriséculaire, témoigne de l’ancienneté des écosystèmes, aujourd’hui fragilisés en grande partie par les activités humaines.
Fragile. Malgré leur importance, les baobabs malgaches sont en situation critique. La déforestation liée à l’expansion agricole, aux feux de brousse et à la pression foncière a fortement réduit leurs habitats. Les populations restantes sont isolées, compromettant leur régénération naturelle. Le changement climatique accentue ces difficultés, avec des saisons sèches prolongées et des pluies de plus en plus irrégulières. Les conséquences sont terribles : plusieurs espèces sont désormais classées en danger ou en danger critique d’extinction. Pour le pays, la protection de sites emblématiques comme l’Avenue des Baobabs constitue une avancée, mais reste insuffisante. Il est clair que la survie de ces « renala », mères de la forêt, dépend d’une politique de conservation renforcée, associant État, scientifiques et communautés locales.
José Belalahy


