
La tradition orale veut qu’Andriamamenofatra soit une femme et qu’elle ait été la première propriétaire de baréas dans le sud de Madagascar, sans doute dans tout Madagascar. Issue du groupe humain « Bara », la dame a réussi à dompter l’indomptable. En termes scientifiques, il s’agit du « Bos indicus baréa », un taureau sauvage dont le symbole le plus marquant de la dernière décennie est l’équipe nationale de football, les « Baréas ».
Chez les Baras, le nom d’Andriamamenofatra est teinté de respect et de mystère. Selon les recherches archéologiques, les plus anciennes traces répertoriées de « l’existence de zébus » à Madagascar remontent à 50 ans avant l’ère chrétienne. D’autres résultats remonteraient à au moins huit siècles avant J.-C. Il est nécessaire de le savoir pour situer l’époque où la dame « qui murmurait à l’oreille des zébus » a vécu. Tandis que les premiers pasteurs du Sud, depuis Andranosoa dans l’Androy, ayant remonté jusqu’à Ranohira, auraient fait le déplacement entre le Xe et le XIIIe siècle. D’ailleurs, un site a été baptisé Andranosoa dans les environs de cette ville. Il est donc permis de supposer qu’Andriamamenofatra ait vécu à cette période, durant laquelle l’élevage extensif aurait commencé à devenir le pilier du groupe humain Bara. Sans descendance, à sa mort, ses bêtes, privées de repreneurs, seraient retournées dans la forêt et revenues à l’état sauvage.
Recueillis par Maminirina Rado


