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lundi, janvier 19, 2026
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Exposition : Traversée immersive avec « Mpankafy hazo »

« Dendrophile – Mpankafy hazo » au hangar Zital Ankorondrano ouvert au public jusqu’au 6 février

« Dendrophile – Mpankafy hazo » (du 17 janvier au 6 février à Ankorondrano) est une réflexion brute, nécessaire en ces temps, loin des sentiers battus, sur le rapport du Malgache à l’arbre. Surprenant et organique.

Comme l’avait promis Kiady Ratovoson, l’un des exposants à « Dendrophile – Mpankafy hazo », au hangar Zital Ankorondrano, lancé depuis samedi, « il n’y a rien de moralisateur ». Parler environnement et de ce qui le compose renvoie souvent à la redite alarmiste écocitoyenne. Ici, c’est plutôt l’arbre, le bois et ses réalités, de l’individu au collectif. Et une jeunesse artistique qui se retrouve avec les plus aguerris. Les œuvres de Rado Ramilison, Jessica Solomon, Miangaly Elia… côtoient les piliers muraux imprimés de textes lyriques en malgache de Johary Ravaloson. « Dendrophile – Mpankafy hazo » fait renaître l’espoir du renouveau de l’art contemporain malgache. Se plaçant dans le statu quo conceptuel, conséquence d’un entre-soi commercial aujourd’hui périmé. Chez ces artistes/designers, il y a de la vivacité, du défrichement, des visions en rebondissement… À ne plus regretter les années 2010 durant lesquelles Tananarive bouillonnait de mille idées et visions sur l’art et son devenir sociétal. Dès l’entrée, l’installation impose sa présence. Un jeu d’échafaudages dirige le visiteur vers la porte d’entrée. Sur chaque « bois-rond » a été apposé un « QR code » à scanner. Ce code-barres numérique renvoie vers l’histoire d’un individu qui se démène pour protéger les forêts malgaches. « Parfois au péril de sa vie », fait savoir la curatrice Ihoby Rabarijohn. Au lieu de dénoncer, parler de ces héros, premiers remparts, éloigne de toute volonté alarmiste écocitoyenne. Cette installation de Joan Razafimaharo compte plus d’une quarantaine d’échafaudages ; il faut donc compter une quarantaine de « gardiens des sanctuaires » à Madagascar, au minimum. En franchissant la porte d’entrée, le visiteur est tout de suite happé par cette diversité des formes et des expressions. Du « banyan » de Shami Archi, en chaînes, en jeu de petits miroirs, en petites feuilles de papier « Antemoro » griffées d’extraits poétiques… Ensuite, des structures d’avant-garde en bois : exercice d’équilibre entre l’artificiel du meuble et l’évitement de la dénaturation de la matière. Une quête assez laborieuse, mais justifiable, de Kiady Ratovoson. Tout au fond, un autre arbre, le « jacaranda », et une boule à facettes. Avec cette installation de Noely Ratsimiebo, « Dendrophile – Mpankafy hazo » intrigue et questionne. Autour de ces trois « grosses » œuvres, des tableaux et de l’art mural. Sans parler d’un « du jamais vu » de Fanjar : « J’y évoque les vécus de mon enfance », concède-t-elle. Au pied de son tumultueux tableau au style abstrait se trouvent trois scènes minimalistes dans une sorte de cocon mémoriel. Au centre d’un mini « bric-à-brac » de mousse et d’écorce, elle a posé un personnage éclatant d’à peine un centimètre. Au bon souvenir de ses moments sensibles, retrouvés dans la nature, cela s’est traduit plus tard en connexion artistique.

Maminirina Rado

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