
Tsimiroro, le dernier tournant… Du chaud et un peu de froid pour l’État malgache, une possible sortie de la tête hors de l’eau pour Madagascar Oil SA (MOSA). Suite à la récente décision de la Haute Cour de justice d’Angleterre et du pays de Galles, à Londres, la société pétrolière en activité dans l’ouest de la Grande Île a regagné « sa crédibilité opérationnelle». Et surtout, elle peut largement espérer que l’État malgache ne résiliera pas son contrat. Une victoire pour MOSA, qui voit sa dette restructurée, dispose de perspectives réelles de financement et peut enfin transformer les ressources de Tsimiroro en valeur réelle.
Pour faire simple, la société a failli à ses engagements envers ses investisseurs et a plongé dans une incertitude financière. Il a fallu la décision (réf : EWHC 2129 (Ch)) d’un juge anglais, Richard Smith, pour statuer. Dès lors, l’extension des sites de forage devrait se matérialiser. Finie la phase pilote, bonjour la production à l’échelle industrielle. Les gros contrats de certains distributeurs avec l’État, aux oubliettes. Les financements prévus par Benchmark Group (BMK) pourront accélérer l’extraction par système d’injection de vapeur. En passant, BMK détient 100 % des parts de Madagascar Oil Limited (MOL), une société holding intermédiaire immatriculée à Maurice, la branche opérationnelle étant la MOSA basée à Madagascar.
En résumé, les questions des internautes malgaches insistaient sur le bénéfice direct pour les Malgaches, la population, le panier de la ménagère… Sans le « cram-down » salvateur du juge anglais, l’affaire aurait pu se corser. Un procès a été intenté à Maurice pour bloquer le projet de restructuration, et des procédures engagées aux Bermudes. Le juge a sollicité l’avis d’experts malgaches en droit international. À bien y regarder, l’objectif final était de couler Madagascar Oil SA avant août 2025, afin que l’État malgache puisse reprendre le projet. Et ainsi le « revendre » à qui bon lui semble.
Donc, pour le panier de la ménagère, « toutes les routes nationales et régionales devraient être bitumées puisque la principale matière première est disponible dans le pays », signale un facebookeur. Cependant, l’épicentre du séisme se trouvera proche du secteur de l’énergie. Le modèle « importation de produits raffinés » perdra entre 20 et 25 % sur l’achat extérieur de carburant, que les caisses de l’État économiseront. À Madagascar Oil SA d’investir dans la logistique, par exemple le stockage, qui pourrait la handicaper durant l’exploitation.
La riposte des distributeurs, face à une possible perte d’une branche du marché du carburant à Madagascar : rien de mieux que le solaire. La vente de kits aux ménages non électrifiés, plus de 4,5 millions selon les statistiques, compenserait la perte probable sur le marché. D’ailleurs, le pouvoir actuel a récemment lancé cette idée.
Maminirina Rado


