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mercredi, janvier 21, 2026
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Pollution marine dans l’océan Indien occidental : Une riposte régionale face à un risque géopolitique croissant

À Zanzibar, dix pays de l’océan Indien occidental se réunissent pour renforcer leur capacité de réponse aux pollutions marines. Derrière la technicité des discussions se joue un enjeu stratégique majeur : protéger des écosystèmes vitaux, sécuriser des économies insulaires fragiles et affirmer une gouvernance régionale face à l’intensification du trafic maritime et aux effets du changement climatique.

Stratégique. La multiplication des événements climatiques extrêmes, l’essor rapide du commerce maritime mondial et l’arrivée de navires toujours plus grands exposent l’océan Indien occidental à des risques accrus de pollution accidentelle. Dans cette zone charnière entre l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Asie, les routes maritimes sont devenues un axe stratégique majeur de la mondialisation. Or, une marée noire ou un rejet de substances dangereuses peut paralyser tout un système : les ports, le tourisme et la pêche. Cela risque également de ravager des récifs coralliens déjà fragilisés. La réunion organisée à Zanzibar par la Convention de Nairobi, avec l’appui du Royaume-Uni et de la Commission de l’océan Indien (COI), vise ainsi à dépasser les réponses nationales dispersées. Ce, afin de bâtir un cadre régional capable de déclencher rapidement des interventions coordonnées. L’événement ambitionne également de mutualiser les moyens techniques et d’instaurer une solidarité transfrontalière indispensable face à des pollutions qui ignorent les frontières.

Gasy. Pour Madagascar, État insulaire aux 5 000 kilomètres de côtes, l’enjeu est existentiel. La pêche artisanale nourrit des millions de personnes et le tourisme côtier constitue un pilier économique. Une pollution majeure menacerait directement la sécurité alimentaire et la stabilité sociale dans le pays. Ces dernières années, la Grande île a toutefois renforcé ses acquis en matière de lutte contre les pollutions marines. Intégré aux mécanismes de la Convention de Nairobi, Madagascar a amélioré ses dispositifs de surveillance, développé des plans nationaux de contingence et participé à des exercices régionaux de simulation. Le soutien de partenaires internationaux a permis de former des équipes spécialisées et d’introduire des outils de gestion fondés sur des données scientifiques. Quoi qu’il en soit, il reste un défi à relever : celui de transformer ces progrès techniques en capacité opérationnelle durable, malgré des moyens financiers limités et une pression croissante sur les écosystèmes.

Gouvernance. Au-delà des protocoles d’urgence, la réunion de Zanzibar esquisse une ambition politique manifeste : celle de faire de la lutte contre la pollution marine un pilier de la coopération régionale. Le futur Plan régional de contingence, appelé à être validé cette année, doit harmoniser les procédures et sécuriser des financements pérennes. L’intégration de la dimension sociale, du genre et des savoirs locaux traduit, quant à elle, une approche plus inclusive de la gouvernance environnementale. Dans un espace maritime de plus en plus convoité, cette coordination devient un instrument de souveraineté collective.

José Belalahy

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