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mercredi, janvier 21, 2026
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Expression : Quand le zéro devient critère de nomination

Les enseignants n’ont pas tardé à réagir à la décision ministérielle

À l’IST-D, le zéro n’est plus une sanction. C’est visiblement une qualification. Pendant que les étudiants transpirent pour éviter l’échec, certains adultes, eux, découvrent que l’échec peut mener au sommet — à condition de prendre l’ascenseur administratif au bon étage.

Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a nommé un directeur général par intérim. Un acte banal, en apparence. Sauf que ledit intérimaire faisait partie des candidats au poste de directeur général… et qu’il a été recalé sans appel, avec élégance mathématique : zéro pointé. Pas zéro virgule quelque poussière, mais zéro tout court. Le genre de note qui, en principe, invite à la remise en question, pas à la promotion.

Ironie institutionnelle oblige, plusieurs enseignants ont fini par sortir de leur silence poli. Ils ont parlé. Et quand les enseignants parlent, ce n’est généralement pas pour lire la météo. Dans une déclaration collective, ils dénoncent ce qu’ils appellent une dérive manifeste. Traduction libre : on a franchi une ligne, et pas au crayon.

Le problème, disent-ils, n’est pas seulement moral. Il est juridique. Noir sur blanc, l’article 13 du décret n° 2017-514 précise que le candidat au poste de directeur général doit être proposé par le Conseil d’administration, choisi parmi les enseignants permanents et doté, au minimum, du grade de maître de conférences. Pas parmi les recalés. Pas parmi les battus. Pas parmi ceux qui ont testé le concours pour voir.

Or, détail qui pique : la personne nommée a bien concouru. Elle a bien été évaluée. Et elle a bien été classée. Dernière. Avec zéro. Un score qui, ailleurs, ferme des portes, mais qui, ici, semble les ouvrir.

Comme quoi, à l’IST-D, le sens de la note dépend surtout du bouton de l’ascenseur qu’on a pointé du doigt ! Alors, le ministère était-il mal informé ? Les enseignants penchent pour l’erreur, la méprise, le dossier mal lu d’une façon diagonale. Ils publient donc leur déclaration, non par plaisir de faire du bruit, mais par souci de pédagogie institutionnelle. Quand la procédure déraille, il faut parfois sortir le manuel. Ils réaffirment leur attachement aux décisions du Conseil d’administration, seule instance légalement habilitée à proposer un candidat au Conseil des ministres. Le reste, disent-ils en creux, relève moins de la gouvernance que de l’improvisation. Et l’improvisation, à l’université, finit rarement par un diplôme, à moins que tout cela ne relève d’un simple honneur décoratif.

Estimant la situation suffisamment grave, les enseignants en appellent au sommet de l’État. Ils demandent au président de la République de regarder de près ce qui se passe à l’IST-D. De regarder vraiment, genre « mijotso ifotony ». Pas à travers des rapports édulcorés, mais à travers les faits. Pendant ce temps, eux continuent d’enseigner, jurent de respecter la loi, la transparence et la vérité. Trois mots qui, manifestement, ont besoin d’être rappelés.

La déclaration date du 19 janvier 2026, à Antsiranana. Et depuis, les soutiens s’accumulent. Parents d’élèves, associations locales, notables traditionnels de la région DIANA : tout le monde semble dire la même chose. Revenir à la décision du Conseil d’administration. Rien de révolutionnaire. Juste du respect des règles.

Car pendant que les adultes se renvoient les responsabilités dans les couloirs climatisés, les étudiants, eux, attendent. Ils attendent un cap, une stabilité, une direction. À défaut, ils deviennent les otages d’une gouvernance créative, où le zéro peut devenir un tremplin et où l’échec, parfois, obtient une promotion.

À l’IST-D, le problème n’est peut-être pas le niveau. C’est la boussole.

Iss Heridiny

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