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mercredi, janvier 21, 2026
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Ambassade américaine : Départ définitif de Claire Pierangelo en plein dialogue Washington-Antananarivo

Une poignée de mains entre Michaël Randrianirina et Claire Pierangelo, le mardi 20 janvier, à Iavoloha

L’ambassadrice américaine Claire Pierangelo a vu raccourcir son séjour à Antananarivo alors que l’administration Trump courtise la Grande Île pour y déporter des migrants illégaux venus directement du pays de l’Oncle Sam.

La page se tourne. L’ambassadrice des États-Unis à Madagascar, Claire Pierangelo, a officiellement fait ses adieux aux autorités malgaches. Reçue hier au Palais d’Iavoloha par le chef de l’État Michaël Randrianirina, elle a annoncé la fin de son mandat, écourté par une décision politique venue de Washington. Nommée par l’administration Joe Biden et entrée en fonction en juin 2022, la diplomate est rappelée après trois ans et demi de mission, dans le cadre d’une réorientation majeure de la politique étrangère américaine impulsée par Donald Trump. Claire Pierangelo fait partie d’une vague de rappels qui a touché une trentaine de diplomates américains, dont 15 ambassadeurs en poste en Afrique, officiellement notifiée en décembre dernier.

Un signal fort. Washington rebat ses cartes diplomatiques, redéfinit ses priorités, et Madagascar se retrouve, une fois de plus, dans la cible de Marco Rubio, le chef d’orchestre de la politique étrangère américaine. Toutefois, il faut dire que ce départ intervient surtout à un moment clé des relations bilatérales. L’administration Trump a récemment engagé des discussions avec les dirigeants malgaches autour d’un dossier hautement sensible, relatif à un éventuel accueil, sur le sol malgache, de migrants en situation irrégulière en provenance des États-Unis. Un sujet explosif, politiquement et socialement, qui semble désormais échapper à la diplomatie sortante. Claire Pierangelo paraît déjà écartée de ces négociations stratégiques, alors que les nouveaux dirigeants malgaches ne semblent pas très chauds à cette avance américaine. « Nous n’avons pas encore donné nos réponses aux sollicitations américaines », a affirmé Michael Randrianirina le week-end dernier. 

Intérêts économiques. Preuve de l’importance accordée au dossier, Washington a dépêché, il y a deux semaines, une délégation de diplomates et de hauts responsables américains pour rencontrer directement le président de la Refondation de la République, Michaël Randrianirina. Une démarche qui contourne l’ambassade sortante et annonce un pilotage plus direct des relations avec Antananarivo. À cette allure, le ton est donné. Les États-Unis veulent aller vite et, surtout, contrôler étroitement leurs dossiers sensibles. Dans ce contexte, l’arrivée d’un nouvel ambassadeur américain est désormais attendue. Il ou elle aura la lourde tâche de reprendre en main les axes de coopération bilatérale, dans un climat marqué par des intérêts économiques majeurs et des tensions politiques latentes. Sans évoquer cette obédience d’Antananarivo vers une ouverture assumée avec la Russie de Vladimir Poutine.

Parmi les dossiers brûlants de la coopération avec les États-Unis figure également celui de l’investissement minier américain à Toliara. La compagnie Energy Fuels prévoit plus de 700 millions de dollars d’investissements dans les mines d’ilménite et de minéraux stratégiques à Ranobe. Un projet d’envergure, rebaptisé Vara Mada après l’abandon de l’appellation Base Toliara, mais qui reste enlisé dans une impasse juridique et politique. L’absence de certification officielle bloque le dossier ; celle-ci dépend directement de l’adoption de la nouvelle Loi sur les Grands projets miniers (LGPM). Or, ce texte stratégique demeure en instance au niveau institutionnel. Tant que la LGPM n’est pas adoptée, le projet reste suspendu, malgré son poids économique et son importance stratégique pour les États-Unis dans un contexte mondial de course aux minéraux critiques. La résistance politique est également palpable, car le président de l’Assemblée nationale, Siteny Randrianasoloniaiko, figure parmi les opposants les plus déterminés à ce projet minier américain. Une opposition assumée, qui ajoute une dimension politique interne à un dossier déjà hautement diplomatique. Le départ de Claire Pierangelo marque ainsi bien plus qu’un simple changement de personnel diplomatique. Il symbolise une transition brutale, un changement de méthode et de priorités de Washington vis-à-vis de Madagascar.

Rija R.

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