Face à des divergences d’interprétation et à des tensions réglementaires, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique (MESUPRES) décide de suspendre temporairement les soutenances en vue de l’obtention de l’Habilitation à diriger des recherches.

Un coup d’arrêt qui se veut stratégique pour les universités malgaches. Par une note de service datée du 21 janvier 2026, le MESUPRES annonce la suspension temporaire de toutes les soutenances en vue de l’obtention de l’Habilitation à diriger des recherches (HDR). Le département ministériel motive sa décision par « des incompréhensions persistantes sur les conditions d’accès, les exigences académiques et les procédures d’évaluation ». Une décision qui s’inscrit dans un processus de révision du décret régissant les habilitations à diriger des recherches, présentée comme une étape nécessaire afin d’harmoniser les pratiques et de renforcer la crédibilité institutionnelle de ce diplôme clé dans la carrière universitaire. Ainsi, aucun nouveau dossier ne pourra être autorisé et les candidatures en cours sont différées, dans l’attente de la publication d’un nouveau texte réglementaire.
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Sur le fond, la mesure pourrait être vue comme une occasion de restaurer la rigueur et la transparence dans un dispositif parfois critiqué pour son manque de lisibilité. En effet, une réforme bien conduite pourrait améliorer la qualité de l’encadrement doctoral et renforcer la reconnaissance internationale des diplômes malgaches. Il convient toutefois de noter que la suspension n’est pas sans effets collatéraux. Pour de nombreux enseignants-chercheurs, l’HDR conditionne l’accès à des responsabilités académiques majeures et à la direction de thèses. Le gel des soutenances risque donc de ralentir des carrières, de freiner l’encadrement doctoral et, à terme, d’affecter la production scientifique. Dans un contexte où les universités malgaches cherchent à gagner en visibilité et en attractivité, l’enjeu consiste à réussir la réforme rapidement, sans transformer cette pause réglementaire en frein durable au développement de la recherche.
José Belalahy


