La France veut reprendre la main diplomatique avec Madagascar. Le 19 janvier 2026, à Paris, le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, et la ministre des Affaires étrangères de la Refondation de la République de Madagascar, Christine Razanamahasoa, se sont entretenus en vue d’organiser prochainement des visites et des réunions de haut niveau en France et à Madagascar. Une initiative politique forte dans un contexte d’élections à venir, mais aussi de recomposition des alliances, alors que le nouveau régime malgache affiche une obédience assumée envers la Russie en matière de coopération militaire et stratégique, domaine historiquement privilégié de la relation bilatérale franco-malgache. Sur le terrain politique, Paris a salué « les premières avancées du processus de refondation ». La France a également réaffirmé son plein soutien à la poursuite de ce processus, en vue de l’organisation d’élections libres et transparentes, dans le respect du calendrier établi.
Une main tendue depuis Paris. Dans un contexte international troublé, les deux ministres ont souligné la nécessité de « préserver et de densifier la relation » France-Madagascar, à travers un cadre politique renouvelé. Un « cadre de partenariat aligné sur les priorités du processus de refondation » engagé par le colonel Michaël Randrianirina est donc en gestation avec la France. Cette dynamique traduit la volonté de Paris de rester un partenaire pour les projets du nouveau régime, au moment où le pays redéfinit ses équilibres internes et ses orientations internationales. Paris compte ainsi participer activement aux réponses mijotées par le régime actuel pour avoir la cote auprès de la population, à l’heure où les prochaines élections, notamment la présidentielle, sont déjà sur toutes les lèvres.
La France a, en effet, réaffirmé sa mobilisation pour répondre aux besoins urgents du régime en place et de sa population, en particulier de la jeunesse, qui a exprimé son aspiration à « une vie meilleure, plus juste et plus digne ». Plusieurs projets agréés en décembre 2025 sont déjà en cours de mise en œuvre, selon le communiqué conjoint des deux ministres, notamment dans les secteurs de la santé, de la sécurité alimentaire, de l’aménagement urbain et de l’énergie. La nouvelle phase du Projet d’appui à la justice de Madagascar (PAJMA II), portée par l’Agence française de développement (AFD), a été lancée, confirmant l’ancrage de la coopération institutionnelle. Face à la propagation de la variole simienne (mpox), le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères veut être à la rescousse et affirme avoir mobilisé la Croix-Rouge française pour contribuer à la réponse à la crise sanitaire sur la Grande Île.
Les discussions, selon toujours le communiqué conjoint, ont aussi permis d’identifier de nouveaux axes de coopération pour 2026, c’est-à-dire avant les prochaines élections. Le renforcement de la coopération universitaire figure en bonne place, avec l’amélioration des conditions de vie des étudiants et le développement de filières numériques d’excellence. L’objectif affiché est clair : assurer un démarrage rapide de ces initiatives, avec un impact direct et tangible pour la population. Les secteurs de l’énergie et de la distribution d’eau potable ont également été évoqués, dans un pays confronté à de fortes tensions structurelles sur ces services essentiels.
Rija R.


