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jeudi, janvier 22, 2026
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Transition : La SADC met la pression sur le régime de Refondation

Michaël Randrianirina a assuré que le rapport exigé par le Sommet extraordinaire des chefs d’État et de gouvernement de la SADC serait soumis d’ici la fin du mois de février 2026.

Officiellement consacrée aux priorités régionales, la visite d’Elias Magosi, secrétaire exécutif de la SADC, le 20 janvier, s’inscrit sans ambiguïté surtout dans un suivi étroit du processus de résolution de crise à Madagascar, dans un contexte post-12 octobre encore marqué par des fragilités politiques et institutionnelles. Elle intervient quelques jours seulement après la rencontre, à Pretoria, entre Michaël Randrianirina et le président sud-africain Cyril Ramaphosa, chef de file régional dont l’influence pèse lourd dans les mécanismes de médiation de la SADC. Derrière le langage feutré de la diplomatie régionale, le message est clair, selon lequel la SADC garde un œil sur Madagascar et exige des gages concrets sur la transition en cours.

Elias M. Magosi, selon le communiqué de la SADC, a réaffirmé « l’engagement continu de la SADC avec Madagascar », tout en orientant les discussions vers les dossiers sensibles qui conditionnent le retour durable à l’ordre constitutionnel. Les échanges ont porté sur les priorités régionales, notamment l’intégration, les infrastructures, la transformation économique, le climat, la paix et la sécurité, mais aussi, et surtout, sur la trajectoire politique de la Grande Île depuis les événements du 25 septembre. Sur le plan économique et régional, le secrétaire exécutif a insisté sur la mobilisation de ressources durables pour soutenir la relance et la stabilité. Il a mis en avant le Fonds régional de développement de la SADC (RDF), présenté comme « un instrument critique » pour financer les infrastructures et les programmes régionaux. En appelant les États membres à accélérer la ratification de l’accord sur le RDF, la SADC rappelle que l’accès aux leviers régionaux de financement reste étroitement lié à la stabilité politique et institutionnelle des pays bénéficiaires.

Pour Antananarivo, le message est implicite. L’intégration régionale et les opportunités économiques passent par une transition crédible et maîtrisée. La question de l’industrialisation régionale a également été abordée, selon toujours la SADC, avec un accent mis sur la valeur ajoutée, le développement de chaînes de valeur régionales et le renforcement du commerce intra régional. Là encore, la SADC lie ces ambitions économiques à un environnement politique apaisé. Le changement climatique, qualifié de « défi pressant », a été évoqué comme un champ nécessitant des réponses coordonnées, dans un pays où l’instabilité politique complique la mise en œuvre de politiques publiques durables.

Février 2026

Mais c’est sur le terrain politique que la visite prend toute sa dimension. Elias M. Magosi et Michaël Randrianirina ont échangé sur la transition nationale et sur le processus de dialogue national inclusif engagé par les autorités malgaches. Ce dialogue, censé ouvrir la voie à des réformes constitutionnelles et à l’organisation de futures élections, est désormais placé sous l’œil attentif de la SADC. Le secrétaire exécutif n’a pas manqué de rappeler les attentes régionales en matière de calendrier, d’inclusivité et de crédibilité du processus. Face à cette pression diplomatique, selon toujours la SADC, le président Michaël Randrianirina a tenu à rassurer. Il a réaffirmé l’engagement de Madagascar envers « les principes et objectifs de la SADC », ainsi que son attachement à la paix et à la sécurité régionale. Surtout, il a assuré que le rapport exigé par le Sommet extraordinaire des chefs d’État et de gouvernement de la SADC serait soumis d’ici la fin du mois de février 2026. Ce rapport est perçu comme une pièce maîtresse du dispositif régional de suivi de crise, un document qui servira de base à l’évaluation des progrès de la transition malgache. Le chef de l’État a également insisté sur le caractère prioritaire de la réforme électorale. Il a précisé que, bien que le Parlement fonctionne actuellement sous une forme monocamérale, les décisions relatives aux réformes institutionnelles seront guidées par les conclusions du dialogue national. Une déclaration qui, pour les observateurs, traduit à la fois une volonté d’ouverture et une marge de manœuvre encore floue, alors que la SADC attend des signaux clairs sur l’architecture institutionnelle future et le cadre électoral.

En réitérant sa « disponibilité à soutenir Madagascar en tant qu’État membre précieux », la SADC ne se contente pas d’un simple accompagnement technique. Elle affirme son rôle de gardien régional de l’ordre constitutionnel, prête à intensifier son implication si la transition venait à s’enliser. Dans la séquence post-12 octobre, Antananarivo sait désormais que chaque étape, notamment le dialogue national, les réformes et les élections, sera scrutée, évaluée et, le cas échéant, corrigée sous l’impulsion régionale. La visite d’Elias M. Magosi, adossée à l’entretien préalable de Pretoria avec Cyril Ramaphosa, confirme ainsi que le dossier malgache reste une priorité diplomatique pour la SADC. Entre soutien affiché et pression politique assumée, l’organisation régionale entend peser sur la gestion de l’après-crise.

Rija R.

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