Ne nous attendons pas à un renouveau, le déchu d’aujourd’hui va hurler ce qu’il n’a pas fait hier et va crier sur les toits « Vengeance politique ! ». Les Marie-Michelle, les Richard Ravalomanana… sans parler de ceux qui ont pris la poudre d’escampette avec leur conscience, n’ont-ils pas clamé « Haro sur les baudets ! », « payez pour ce que vous avez fait ! » Hélas, la justice n’a d’égale que celle des vainqueurs et malheur aux vaincus du moment.
Les nouvelles de ce début de semaine illustrent bien ces intrigues propres aux politiciens : il n’y a pas si longtemps, ils étaient ensemble comme cul et chemise, mais les choses ont évolué, comme les ambitions ; maintenant, ils s’invectivent sur la place publique :
– « Traître, tu nous as trahis parce que tu as eu un poste, tu as changé de maître »
– « Non, pendant que nous luttions, pendant que nous avions subi tous les sévices, on était seuls. Où étiez-vous ? »
Dans le monde judiciaire aussi, on dévisse le statut de la Haute Cour Constitutionnelle, au nom de quoi ? De l’alternance politique, dit-on ? C’est vraiment le « full spoil system » (plus Trump que moi, tu meurs) plutôt. D’ailleurs, on ironise sur la démocratie en parlant de l’alternance en prison (hier, c’était moi ; aujourd’hui, c’est toi qui es au régime de manioc sec). Maintenant, c’est au tour de ces honorables députés de craindre le même châtiment.
Ainsi va notre système politique, le même moule d’organisation reste intangible.
Et rien n’indique un quelconque changement de méthode. Le nouveau venu, intronisé Messie, refait le chemin de ses prédécesseurs dans la conquête du pouvoir. En dehors, il y a la reconnaissance des cardinaux étrangers (Sadec, UA, ONU…), à l’interne, on fignole la sacralisation par les notables locaux et le tour est joué parce que l’onction populaire n’est qu’un passage obligé mais facile à avoir.
Le moule est là, il ne reste qu’à y refondre le vieux et personne n’y verra que du feu et on l’appellera la refondation.
À l’étranger, le roi Soleil fait la pluie et le beau temps, non chez lui mais sur le globe. Hier, c’était sur le continent américain ; aujourd’hui, aux confins des vrais survivants amérindiens, il s’agit du Groenland : c’est à lui ! Et personne ne trouve à redire, et celui qui dit non sera frappé par des droits de douane si élevés que personne ne viendra plus profiter du marché américain. La doctrine Monroe reste valable en tout temps et en tout lieu, dit le nouveau roi, non le nouvel empereur !
M.Ranarivao


