
L’Autorité de régulation des marchés publics (ARMP) lance ce jour un audit des procédures de passation du marché liées aux travaux réalisés sur le barrage hydroagricole de Tolongoina, qui a cédé sous les pluies du week-end dernier.
Le ministre de l’Économie et des Finances, le Dr Herinjatovo Ramiarison, réclame un encadrement plus strict de la commande publique afin d’éviter la répétition d’incidents aux conséquences lourdes. D’après les informations sur le SIGMP (Système informatisé de gestion des marchés publics), le marché a été attribué en 2022 pour un montant total de 1,65 milliard d’ariary. Sur le site, des indications font état de travaux achevés en 2024. Dimanche dernier, une délégation gouvernementale s’est rendue sur place pour constater l’ampleur de la situation, évaluer les risques et enclencher les premières mesures d’urgence. Les autorités affirment que la priorité reste la protection des populations riveraines et la mise en place rapide de dispositifs de sécurisation. Au-delà des interventions immédiates, le ministère de l’Économie et des Finances (MEF) insiste sur un second impératif : établir un constat technique documenté, fondé sur des faits vérifiés, des preuves et une analyse incontestable, afin de déterminer clairement les causes de la rupture et d’identifier les responsabilités. La transparence, souligne le MEF, est une exigence opérationnelle dès lors que des infrastructures financées par des fonds publics sont concernées, d’où l’initiation de l’audit.
Fin des mauvaises pratiques
Ce cas de Tolongoina, dans le district d’Antananarivo Atsimondrano, poursuit le ministère, illustre un enjeu central de la gestion des investissements publics : empêcher que des ouvrages payés par l’argent du contribuable deviennent des sources de risques au lieu de servir le développement. L’ouvrage est présenté comme récent. Les informations affichées sur place indiqueraient 2024 comme année de réalisation des travaux. Dans ce contexte, l’État ne peut tolérer ni malfaçons, ni réceptions de complaisance, ni surcoûts injustifiés. « L’argent du peuple doit produire des ouvrages solides, durables et vérifiables », martèle le MEF, rappelant que toute défaillance représente à la fois une perte et une menace pour la sécurité. En conséquence, le ministère réaffirme sa ligne de conduite : assainir la commande publique par une exigence accrue de traçabilité de la dépense, de contrôle de l’exécution et de réception stricte des travaux. Le MEF soutient également les mécanismes visant à réduire les pratiques à risque, telles que les avenants abusifs, la sous-qualité, les prestations non conformes ou les paiements non appuyés par des preuves. Selon les informations recueillies, si des manquements sont établis, des suites seront engagées conformément aux procédures, incluant la responsabilisation des acteurs, l’application des sanctions prévues et la saisine des instances compétentes. Bref, le gouvernement actuel met en avant la zéro complaisance lorsque l’argent public est mal utilisé.
Antsa R.


