
L’image d’une université isolée aux effectifs réduits appartient désormais au passé. Depuis octobre dernier, un vent de dynamisme souffle sur Ambovombe. Le Dr Jonary Tolérant a transformé les défis en opportunités. En quelques mois, l’établissement est passé du statut de simple centre régional rattaché à celui d’université de plein exercice. L’objectif affiché est clair : offrir aux enfants de l’Androy une formation d’excellence égale à celle des grandes métropoles de la Grande Île. Alors qu’il ne comptait que 19 étudiants à l’arrivée du nouveau directeur, l’établissement s’apprête aujourd’hui à franchir le cap symbolique des 1 000 inscrits. Pour le Dr Jonary Tolérant, l’urgence était de sortir ce pôle d’une léthargie qui aura duré treize ans.
Collaboration. Le constat de départ était pourtant alarmant. « Beaucoup d’étudiants avaient terminé leur cursus depuis des années, certains depuis 2015, sans jamais pouvoir soutenir ou obtenir leur diplôme », explique le président p.i. En quelques mois, le verrou administratif a sauté. Grâce à une collaboration étroite avec l’Université de Toliara, les soutenances publiques de licences et masters se sont enchaînées, aboutissant à la sortie de la promotion « Miaritra », le 23 décembre dernier. Une véritable délivrance pour ces jeunes restés trop longtemps dans l’incertitude. Toujours dans cette optique d’accompagnement, un « Salon de l’étudiant et de l’emploi » a été organisé en novembre 2025. Une première en treize ans d’existence du CURA.
Modernisation. Véritable tournant pour l’enseignement supérieur dans le Sud. Désormais université de plein exercice, l’établissement d’Anjombakilala muscle son offre pour freiner l’exode des cerveaux. Le catalogue explose, passant de deux à six domaines majeurs (santé, ingénierie, droit, sciences, etc.). Le succès est immédiat : 500 nouveaux inscrits sont déjà enregistrés avant la clôture du 16 février. Sous l’impulsion du Dr Jonary Tolérant, l’autonomie s’accompagne d’un vaste plan de modernisation. Pour pallier le déficit d’infrastructures, l’accent est mis sur le numérique et les cours en ligne. Côté social, le ministère a validé l’achat d’un bus et la construction de cités universitaires. Cerise sur le gâteau : le nouveau statut garantit enfin l’accès aux bourses d’études pour tous. Un levier de développement concret pour une jeunesse qui n’aura plus à s’expatrier pour briller.
Julien R.


