La Chambre des représentants des États-Unis a voté, le 12 janvier 2026, la prorogation pour une durée de trois ans de l’African growth and opportunity act (AGOA). Ce régime commercial préférentiel permet aux pays d’Afrique subsaharienne, dont Madagascar, d’accéder au marché américain sans droits de douane.
Cependant, à la suite des débats entre les membres du Congrès américain, la donne a changé cette semaine. La durée de cette prorogation a été réduite à un an afin de garantir que la proposition de loi ait une forte probabilité d’être votée par le Sénat et signée par le président des États-Unis. En outre, cette loi aura un effet rétroactif, s’appliquant dès le 30 septembre 2025, date de l’expiration initiale de l’AGOA. Autrement dit, une fois adoptée, la loi sur l’AGOA arrivera à nouveau à échéance d’ici à la fin de l’année 2026. Cette information a été révélée hier par le président du Groupement des entreprises franches et partenaires (GEFP), Hery Lanto Rakotoarisoa, lors d’une conférence de presse tenue au siège de l’organisation à Ankorondrano. Dans la foulée, il a été souligné que les États-Unis accordent actuellement la priorité à l’adoption de leurs lois budgétaires, prévue avant la fin de ce mois, ainsi qu’à la gestion de la crise de Minneapolis. Cette dernière fait référence aux vives tensions entre l’État du Minnesota et le gouvernement fédéral, sous l’administration Trump.
Problèmes de trésorerie. « Même si la loi sur l’AGOA est adoptée par le Sénat, le président américain dispose encore d’un droit de veto lui permettant de signer ou non le renouvellement de ce régime préférentiel au profit des pays africains », a précisé Hery Lanto Rakotoarisoa. Au niveau des entreprises franches opérant dans le secteur textile, aucune visibilité n’a été constatée quant à l’entrée en vigueur de cette nouvelle loi, alors que les conséquences s’avèrent déjà désastreuses. En effet, plus de 7 000 emplois directs sont déjà perdus, sans compter l’impact sur les entreprises sous-traitantes. « Certains employés des zones franches sont placés en chômage technique, tandis que d’autres subissent des compressions de personnel en raison de ce manque de perspectives. Les commandes de produits textiles destinés au marché américain, qui se préparent généralement un an à l’avance, ont déjà enregistré une baisse significative. Pour maintenir leur accès au marché américain en attendant la reprise de l’AGOA, toutes les entreprises franches ont dû s’acquitter d’une surtaxe de l’ordre de 15 %. La plupart d’entre elles font face aujourd’hui à de graves problèmes de trésorerie, ce qui les a contraintes à procéder à ces suppressions d’emplois », a-t-il enchaîné.
Remboursement des crédits de TVA. Il est à noter que le secteur textile, pilier de l’économie nationale, génère plus de 180 000 emplois, dont plus de 60 000 sont désormais menacés par le retard du renouvellement de l’AGOA. « Face à cette situation d’urgence exceptionnelle, nous interpellons l’État en demandant une rencontre avec le président de la Refondation de la République afin de trouver une entente permettant de minimiser les impacts sociaux », a déclaré le président du GEFP. Le groupement réclame ainsi le remboursement, par l’État, des crédits de TVA sur tous les achats locaux, tels que le paiement des factures de la JIRAMA, dont le montant est évalué à plus de 100 milliards d’ariary. Un appel à la solidarité nationale a également été lancé, parallèlement à une demande de facilitation des procédures de chômage technique et de renforcement de la coopération bilatérale avec les États-Unis.
Navalona R.


