Le couperet est tombé. Dans un avis rendu public mercredi dernier, la Haute Cour constitutionnelle (HCC) a douché les espoirs d’un renouvellement rapide de la Chambre haute. Le verdict est sans appel : le report des élections sénatoriales est jugé conforme à la Loi fondamentale. Saisie par la Ceni en novembre dernier, la juridiction d’Ambohidahy a tranché. Désormais, le calendrier électoral reste à la discrétion de l’organe de gestion des élections. Pour justifier ce glissement, la HCC s’appuie sur les arguments du Premier ministre, Herintsalama Rajaonarivelo : la nécessité d’une réforme profonde de la liste électorale. L’objectif affiché est la quête d’un scrutin « libre, transparent et crédible », alors que le pays sort d’une zone de turbulences socio-politiques. Outre le climat politique, le facteur financier a pesé lourd. La HCC évoque explicitement « l’indisponibilité des crédits » pour organiser le vote initialement prévu le 11 décembre 2025. Conséquence directe de ce blocage : depuis le 18 janvier à minuit, le mandat des sénateurs est officiellement expiré, « sans prorogation possible ». Le Palais d’Anosikely entre dans une phase d’incertitude, même si le président par intérim et le questeur assurent la continuité en tant qu’autorités administratives. Le Sénat navigue désormais à vue, suspendu au futur calendrier de la Ceni.
Julien R.


