La ville d’Antsiranana a abrité, les 28 et 29 janvier 2026, un atelier de concertation régionale consacré à la relance de l’économie productive à travers l’agribusiness. Organisée par le ministère de l’Agriculture et de l’Élevage, la rencontre s’est tenue à l’Annexe Ankarana et a réuni près d’une centaine de participants, composés d’opérateurs économiques, d’agriculteurs producteurs, d’éleveurs et d’étudiants évoluant dans les filières concernées.
Les échanges ont porté principalement sur l’identification des contraintes majeures entravant le développement de l’agribusiness dans la région DIANA, tout en mettant en avant des pistes de solutions concrètes et durables susceptibles d’impulser une dynamique nouvelle au secteur.
La mobilisation des acteurs institutionnels et locaux.
Cet événement d’envergure a vu la participation des représentants de la Région DIANA, de la Préfecture d’Antsiranana, du ministère de l’Agriculture et de l’Élevage (MINAE), des partenaires du Projet de résilience de la sécurité alimentaire (FSRP), en étroite collaboration avec le MINAE, ainsi que de nombreux partenaires techniques œuvrant aux côtés de la Direction régionale de l’Agriculture et de l’Élevage (DRAE). Les agriculteurs et éleveurs présents ont, pour leur part, réaffirmé leur engagement à contribuer activement à l’essor et à la structuration de l’agribusiness local.
Filières stratégiques au cœur des débats
Les travaux ont accordé une attention particulière à plusieurs filières jugées stratégiques pour l’économie régionale, notamment la riziculture, le café, le cacao, ainsi que l’élevage de bovins, d’ovins et de caprins. Les échanges interactifs ont permis aux participants de confronter leurs expériences de terrain et de faire émerger une compréhension partagée des contraintes structurelles affectant ces filières. En effet, les principales difficultés relevées dans la province d’Antsiranana sont les effets du changement climatique, responsables de maladies agricoles et de la baisse des rendements, l’accès limité au crédit auprès des institutions financières, les problèmes fonciers, ainsi que la difficulté d’accès aux marchés internationaux, en raison de normes particulièrement contraignantes. S’y ajoutent la mauvaise qualité et l’insuffisance des semences, la dégradation des routes rurales, le manque d’équipements de production, l’insuffisance de compétences techniques et le déficit en semences certifiées, indispensables à l’amélioration de la productivité.
Des recommandations pour lever les contraintes
Face à ces défis, plusieurs recommandations ont été formulées par les acteurs du secteur. Celles-ci portent notamment sur l’intensification des actions de reboisement afin de faire face à la pénurie d’eau, la réhabilitation des infrastructures routières pour faciliter l’écoulement des produits agricoles, la facilitation de l’accès aux intrants, ainsi que le renforcement de l’encadrement technique des producteurs par les services compétents. L’assistance a également plaidé pour la mise en place de centres de distribution de semences certifiées et la réhabilitation des barrages hydro-agricoles, en vue de permettre l’irrigation de vastes périmètres rizicoles.
L’élevage, un levier économique à valoriser.
L’atelier a par ailleurs mis en lumière le potentiel de l’élevage, considéré comme un secteur durable et générateur de revenus, à condition d’un accompagnement approprié. Pour accompagner la croissance du domaine, des campagnes de sensibilisation à la santé animale, la construction et la modernisation d’abattoirs répondant aux normes, le développement de l’alimentation animale, du fourrage et de l’accès à l’eau, la simplification des procédures d’exportation, ainsi que le renforcement du nombre de vétérinaires de terrain ont été proposés.
Iss Heridiny


