Mission accomplie pour Rolland Herintseheno Ranjatoelina. Élu à la tête de l’Agence pour la sécurité de la navigation aérienne en Afrique et à Madagascar (ASECNA) en 2023, le Malgache termine son mandat en affichant un bilan plutôt positif.
Son successeur, l’Ivoirien Sinaly Silué, élu lors de la 77e réunion du comité de ministres qui s’est tenue en visioconférence, prend ainsi les rênes de l’agence, avec de belles perspectives.

Bonne gouvernance et leadership. L’expert en transport aérien et non moins ancien ministre des Transports de Madagascar, Rolland Ranjatoelina, a été élu président du Conseil d’administration de l’Agence, plus exactement le 31 janvier 2023. Une présidence marquée notamment par la bonne gouvernance et le leadership, et ce, à un moment où l’ASECNA devait consolider la coordination entre ses 19 États membres. Durant les nombreuses sessions du Conseil d’administration qu’il a présidées, ainsi que les réunions du Comité des ministres auxquelles il a assisté, Roland Ranjatoelina a eu l’occasion de discuter de la politique globale de l’Agence. Outre les procédures opérationnelles de sortie de la crise post-Covid-19, il a fait face à de nombreux défis de stabilisation financière et opérationnelle après l’impact de cette crise sanitaire qui avait considérablement affecté les recettes de l’Agence et perturbé les services aériens. Son mandat a également été marqué par le maintien des activités de coopération régionale, notamment en matière d’alignement des politiques de navigation aérienne en Afrique et à Madagascar. D’ailleurs, des documents stratégiques comme le Plan directeur et le Plan stratégique 2026-2035 ont été préparés durant son mandat.
En bonne santé

Un mandat sous le signe de la continuité et de la performance de l’ASECNA, en somme. Silué Sinaly, son successeur, hérite ainsi d’une ASECNA en bonne santé. Administrateur et spécialiste de l’aviation civile ivoirienne, le nouveau PCA, qui prendra officiellement ses fonctions le 1er mai prochain, a une longue expérience dans le secteur de l’aviation, notamment au sein de l’Autorité nationale de l’aviation civile de Côte d’Ivoire (ANAC), où il a mené plusieurs réformes liées à la sécurité, la sûreté et la conformité aux normes internationales. D’après nos informations, le renforcement de la sécurité et de la sûreté aériennes, ainsi que l’harmonisation des cadres réglementaires figurent parmi ses priorités. Parmi les mesures envisagées, Silué Sinaly mettra l’accent sur le respect des normes de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) à travers des réformes et des formations techniques. Il prévoit également d’encourager la mise en place de cadres réglementaires efficaces dans les États membres, dans un objectif de modernisation continue du secteur. En matière de coopération régionale, le nouveau PCA poursuivra l’intégration des politiques aéronautiques, favorisant la fluidité du transport aérien entre les pays africains. Il adoptera également des solutions techniques avancées pour améliorer encore la sécurité, l’efficacité et la gestion du trafic aérien.
Position singulière. On rappelle, concernant le cas particulier de Madagascar, que le pays occupe une position singulière au sein de l’ASECNA. Étant le seul État insulaire aux côtés de pays essentiellement continentaux d’Afrique, la Grande Île a également l’avantage de disposer d’un espace aérien qui couvre une zone océanique stratégique dans l’océan Indien occidental. Une position essentielle pour les liaisons Afrique–Asie, les routes Moyen-Orient–Afrique australe, ainsi que certaines routes Europe–océan Indien. Madagascar joue ainsi un rôle clé dans la gestion des espaces aériens FIR d’Antananarivo, dans la sécurité des survols long-courriers, ainsi que dans la continuité de la surveillance aérienne au-dessus de zones maritimes étendues. Parmi les États membres fondateurs de l’ASECNA, Madagascar est aussi réputé pour l’excellence de son capital humain et technique, notamment dans les domaines du contrôle aérien, de la météo et des télécommunications aéronautiques. Le pays abrite, par ailleurs, des infrastructures essentielles comme les centres de contrôle, les stations météorologiques et les aides à la navigation. Un membre fiable et techniquement crédible, en somme. Pour en revenir à la présidence de Rolland Ranjatoelina, cette période a été marquée notamment par un renforcement du poids politique et technique de Madagascar dans le secteur aérien régional. Un levier de visibilité et d’influence régionale majeur. Espérons que ce statut ne change pas avec la nouvelle présidence ivoirienne.
R.Edmond.


