
La société à participation majoritaire de l’État, SIRAMA S.A., fêtera cette année ses 60 ans d’existence après sa nationalisation en 1976.
« Avant notre prise de fonction à la tête de cette entreprise en 2020, la SIRAMA aurait pu être dissoute étant donné qu’elle accusait un déficit colossal de l’ordre de 28 milliards Ar. Suite à notre stratégie de redressement financier et d’assainissement comptable, on a déjà enregistré un résultat net de plus de 3 milliards Ar en 2022. Les actifs non courants, ou la valeur de son patrimoine, s’élevaient à plus de 235 milliards Ar en 2022 au lieu de 658 milliards Ar en 2018, tandis que les capitaux propres réalisés en 2022 étaient de 232 milliards Ar contre -58 milliards Ar en 2018. La performance de l’entreprise ne cesse de s’améliorer. Notre trésorerie s’affiche en ce moment aux alentours de 100 milliards Ar. On annonce également un résultat net de plus de 17 milliards Ar ». Le directeur général de cette entreprise, le Gal Ramananarivo Mamy Emile, l’a exposé lors d’une conférence de presse organisée à son siège, hier à Isoraka.
Gain de cause
Hormis le redressement financier et l’assainissement comptable de la SIRAMA, ses dirigeants ont également procédé à la sauvegarde de son patrimoine. En effet, « nous avons constaté une spéculation foncière au niveau des sites appartenant à l’entreprise. Il y a eu des cessions de vente de terrains et des baux emphytéotiques déguisés en ventes définitives avant 2020. Nous ne ménageons pas nos efforts pour inventorier et réévaluer ce patrimoine en récupérant, par voie judiciaire, tous les terrains de la SIRAMA squattés, et ce, depuis 2021. Nous avons eu gain de cause au niveau du tribunal qui a délivré 18 grosses en notre faveur. Cependant, certaines grosses n’ont pu être exécutées étant donné que la politique primait dans le pays à cette époque. Il faut préciser que le terrain du golf de Nosy Be appartient à la SIRAMA. Des procédures judiciaires ont déjà été lancées. De ce fait, 32 propriétés ont fait l’objet d’une saisie immobilière par l’Agence de Recouvrement des Avoirs Illicites », a-t-il fait savoir.
Combler le gap
Dans la même foulée, la SIRAMA S.A., qui est actuellement en plein redressement, a rénové ses bâtiments tels que le siège à Isoraka et la case de passage à Toamasina. En outre, « une nouvelle construction a été réalisée sur le site de ferrailles de l’entreprise à Nosy Be. Cet immeuble est actuellement loué par l’APMF », a-t-il enchaîné. Parlant de la production nationale de sucre à Madagascar, elle avoisine les 100 000 tonnes/an alors que les besoins du pays s’élèvent à 250 000 tonnes/an. « Il faut installer des usines de production « clés en main », mécanisées et informatisées, soit deux usines d’une capacité de 70 000 tonnes/an comme celles d’Ambilobe, ou cinq usines de même taille que celles de Namakia pour combler ce gap. Le coût estimatif est de 53 à 352 milliards par usine selon sa taille. Par ailleurs, avoir un vaste terrain propice aux cultures de cannes à sucre, l’accès à l’eau et aux routes ainsi que la disponibilité d’une source d’énergie constituent d’autres conditions sine qua non pour mener ce projet », a conclu le DG de la SIRAMA, le Gal Ramananarivo Mamy Emile.
Navalona R.


