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vendredi, février 6, 2026
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Expression : La relance économique reste coincée en salle de réunion

Ô combien d’assises ont été organisées dans ce pays depuis son indépendance ! Jusqu’ici, rien de concret. Pourtant, la société civile, les opérateurs économiques ainsi que les affiliés des secteurs primaire, secondaire et tertiaire espèrent encore… malgré eux.

La semaine dernière a été consacrée aux dialogues et aux rencontres dans les régions. Les sujets évoqués sont identiques à ceux des précédents atrikasa. Les problèmes persistants au fil des années ont une fois de plus été soulevés, accompagnés des mêmes résolutions proposées. Une preuve évidente que Madagascar n’avance pas — ou pire, qu’il recule.

« Cet événement est primordial. Le pouvoir central a envoyé des délégations compétentes pour dénouer les difficultés auxquelles nous faisons face », un refrain abondamment repris par les intendants locaux. On parle d’amélioration, de relance économique, de développement rapide et durable, de production à grande échelle. En revanche, le fameux « zava-dehibe no hodinihina » n’a guère résolu grand-chose. Les soi-disant coordinateurs promettent : « Nous allons transmettre vos requêtes au gouvernement. » L’assistance, courageuse et résignée à la fois, se frotte les mains en attendant un feed-back. Malheureusement, son message semble avoir été glissé dans une boîte aux lettres d’un cimetière… de projets.

La roue tourne, le fleuve suit son cours, mais aucune application. « Cravate bien serrée, chemise respectueusement repassée, chaussures impeccablement cirées, les participants crient au micro pour contribuer au développement de leur localité. Pourtant, ce n’est qu’une perte de temps », se désole Freddy Beanjara, ancien activiste, aujourd’hui découragé par cette pratique stérile. Pendant que l’assistance déclame ses discours, les membres de l’organisation hochent la tête, secouent machinalement les franges de leurs cheveux. Au fond d’eux, ils savent que les décisions sont déjà tranchées à l’avance. À vrai dire, seul le vocabulaire change. Les stratégies sont mises en place — du moins sur le papier. Cependant, elles ne sont jamais appliquées. La Banque mondiale, à travers l’Union européenne et divers projets, injecte des budgets. Toutefois, les capitaux restent jalousement centralisés.

Ces dialogues régionaux, ateliers d’insertion, lohambary an-dasy et fikaonan-doha commencent à agacer les concitoyens. Ils ne sont plus que des titres accrocheurs sans retombées concrètes. « Espérons que cette fois-ci, les choses évolueront positivement », ironise Gaby Randriamanafaka, petit entrepreneur à Ambilobe, le visage empreint d’un scepticisme désormais familier.

Iss Heridiny

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