
Les priorités économiques, sociales et environnementales de la partie Nord du pays, plus particulièrement les régions SAVA et DIANA, étaient au centre de la rencontre, la semaine dernière, entre le Premier ministre Herintsalama Rajaonarivelo et les élus de cette région septentrionale du pays.
La réhabilitation de trois ports, en l’occurrence ceux de Saint-Louis, Vohémar et d’Antalaha, figurait parmi les sujets évoqués lors de cette rencontre.
Utilité socioéconomique. Un projet très attendu par la population et qui arrive à point nommé quand on connaît la grande utilité socioéconomique de ces infrastructures portuaires qui se trouvent, malheureusement, dans un état de dégradation avancée, faute d’entretien convenable depuis quelques années. À commencer par les ports de Vohémar et d’Antalaha, qui souffrent depuis plusieurs années d’un manque d’entretien et d’investissements. Résultat : ce sont actuellement des infrastructures vétustes, avec une capacité d’accueil limitée, et des équipements obsolètes, autant de faiblesses qui pénalisent les opérateurs économiques locaux, qui se plaignent de ces faiblesses des deux ports, qui les pénalisent en renchérissant les coûts logistiques. Et, pourtant, ces deux ports sont de véritables piliers historiques de l’exportation des produits de rente comme la vanille, le girofle, le café ou encore les produits halieutiques. Quant au port Louis à la SIRAMA, il est considéré comme un levier potentiel de relance industrielle et agricole d’Antsiranana. Les acteurs économiques de la région sont unanimes à reconnaître que sa remise en état pourrait jouer un rôle clé dans la transformation locale des produits et la création d’emplois.
Pont d’Ifasy
Les échanges entre les élus du Nord et le chef du gouvernement ont également porté sur d’autres urgences, comme la remise en état du pont d’Ifasy. Toujours dans le domaine des infrastructures routières, la liaison Antalaha – Marofinaritra, ou encore les pistes rurales reliant les chefs-lieux de district de la région SAVA, nécessite également des travaux de réhabilitation. Tout comme la ceinture de la Montagne d’Ambre, cet espace périphérique qui entoure le massif et le Parc national de la Montagne d’Ambre, et qui nécessite également des interventions d’urgence. Les députés du Nord ont par ailleurs rappelé que les infrastructures d’adduction d’eau et d’extension d’électricité sont en attente de mise en route pour le district de Vohémar. Enfin, il a été signalé que les panneaux solaires installés précipitamment dans certaines villes nécessitent des batteries pour pleinement fonctionner.
Vision. Ces revendications cadrent, en tout cas, avec la vision du Premier ministre, qui a d’ailleurs rappelé, durant la rencontre, son attachement à la remise en état des structures et des infrastructures locales. Il a, par ailleurs, réitéré l’engagement du gouvernement à soutenir les initiatives visant à soutenir la prospérité économique partagée, l’équité et la justice sociale. Des initiatives qui sont à la portée du gouvernement, malgré son caractère transitoire. Il est en effet de notoriété que, si le caractère transitoire limite les marges de manœuvre politiques, il n’empêche pas l’action sur des dossiers structurants. D’ailleurs, le gouvernement peut encore s’appuyer sur l’appui des partenaires techniques et financiers, les bailleurs internationaux, et les banques de développement. En tout cas, la réhabilitation et la mise aux normes des infrastructures pour le développement constituent, pour le gouvernement transitoire, une opportunité de préparer le terrain, en structurant les projets et en sécurisant les financements, afin que la future équipe élue puisse passer rapidement aux réalisations.
R.Edmond


