- Publicité -
jeudi, février 12, 2026
AccueilPolitiqueMbitanarivo Andriantsihorisoa : Pour une « transition de rupture »

Mbitanarivo Andriantsihorisoa : Pour une « transition de rupture »

Face à l’imbroglio juridique actuel, Mbitanarivo Andriantsihorisoa prône une « transition de rupture ». Rejetant l’intérim, il appelle à assumer le coup d’État pour refonder l’État hors de toute ingérence.

Le débat sur la nature du régime ne faiblit pas. Entre intérim constitutionnel et transition de fait, Mbitanarivo Andriantsihorisoa, président du Syndicat des magistrats de Madagascar (SMM), brise les tabous. Intervenant sur les réseaux sociaux, hier, au sujet du statut du pouvoir en place, il a d’emblée clarifié les concepts juridiques qui agitent la sphère publique. Entre l’intérim et la transition, le fossé est immense. Pour lui, il faut assumer le « coup d’État », instaurer une feuille de route et imposer une austérité rigoureuse face aux velléités de la SADC. En substance, il est pour une « transition de rupture ».

Remplacement temporaire. Se référant à l’article 52 de la Constitution, il rappelle que l’intérim est un remplacement temporaire strictement codifié : le président du Sénat succède au président démissionnaire ou vacant et, à défaut, le gouvernement collégial prend le relais. « Si nous nous abritons derrière cet intérim, il faudrait rendre le pouvoir aux responsables de l’ancien régime », souligne-t-il, qualifiant cette option d’impossible. Pour lui, continuer de parler de respect de l’ordre constitutionnel dans le contexte actuel relève de la rhétorique vide.

Mal nécessaire. Appelant les choses par leur nom, Mbitanarivo Andriantsihorisoa n’hésite pas à qualifier la situation de « coup d’État ». Cependant, il y voit un « mal nécessaire ». La raison ? La défaillance systémique des structures héritées du passé. Le but de la lutte (le tolona) ne serait pas d’attendre un miracle, mais de garantir un meilleur quotidien aux Malgaches. Sur le plan géopolitique, son analyse est acerbe envers la SADC. Il compare les manœuvres actuelles à celles de l’époque de Maputo, percevant l’organisation régionale comme un « avant-poste » des grandes puissances. « Ils n’ont aucun intérêt intellectuel à ce que nous soyons stables », avance-t-il, accusant ces instances d’attiser le feu pour imposer un consensus politique de façade pendant que le peuple « tire la langue ».

Thérapie de choc. Pour sortir de l’ornière, Mbitanarivo Andriantsihorisoa suggère une thérapie de choc. Sa feuille de route est claire : accepter le statut de transition, collaborer avec les partis politiques, mais refuser catégoriquement le « partage de gâteaux » (zaraseza). Parmi ses propositions phares figurent également la dissolution des institutions actuelles au profit d’une structure de transition à durée déterminée, une politique d’austérité radicale, avec la réduction drastique du nombre de ministères, avec un ministère d’État en charge de la refondation, véritable chef d’orchestre du changement. « Tout est encore récupérable après seulement quatre mois », conclut-il, tout en mettant en garde contre le retour des pratiques du passé qui alimentent aujourd’hui le ras-le-bol des citoyens.

Recueillis par Julien R.

- Publicité -
- Publicité -
- Publicité -
Suivez nous
419,278FansJ'aime
14,461SuiveursSuivre
5,417SuiveursSuivre
1,920AbonnésS'abonner

S'abonner à notre newsletter

Articles qui pourraient vous intéresser

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

S'abonner à notre newsletter