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mardi, février 17, 2026
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Refondation de la République : Une quinzaine de personnes perquisitionnées, trois autres placées en détention préventive

17 octobre 2025-17 février 2026. Cela fait quatre mois que le colonel Michaël Randrianirina a prêté serment en tant que président de la Refondation de la République de Madagascar. Au cours de ces quatre mois de gouvernance, le régime de la Refondation peine à marquer les esprits par des projets structurants. Pour le moment, les perquisitions demeurent la principale pratique devenue caractéristique du régime. Le pouvoir en place enchaîne les arrestations et les perquisitions, parfois menées de façon abusive, c’est-à-dire soit en l’absence d’un mandat officiel, soit en bafouant les procédures légales. Atteinte à la sûreté de l’État et acte de déstabilisation sont évoqués comme motifs desdites perquisitions. En général, les éléments en charge des perquisitions sont à la recherche d’armes et/ou de sommes d’argent, à en croire les confidences des personnalités politiques qui ont été la cible de ces opérations. La grande majorité est accusée de fomenter un coup d’État contre le colonel Michaël Randrianirina. Mais jusqu’ici, les perquisitions ont été infructueuses dans la plupart des cas. Ceux considérés comme proches de l’ancien président Andry Rajoelina sont particulièrement visés.

Acharnement. Le PDG du groupe SODIAT, Mamy Ravatomanga, et ses proches ont été les premières personnalités à faire les frais d’une série de perquisitions qui, pour bon nombre d’observateurs, prenaient presque l’allure d’une véritable campagne d’acharnement. En effet, tous les sites qui abritent les sièges des sociétés du groupe SODIAT ont été perquisitionnés et fouillés de fond en comble. Ses deux fils n’ont d’ailleurs pas été épargnés. Le 18 décembre dernier, une série de perquisitions a été organisée, notamment au domicile d’Aina Ravatomanga, à Mandrosoa Ivato. La fouille a été faite à 1 h du matin, c’est-à-dire au-delà des heures prévues par la loi. La société Polyma, appartenant à ce dernier, sise à Ivandry, avait également été perquisitionnée le même jour. Tandis que, dans l’après-midi, ce fut au tour du domicile de son frère, Mialy Ravatomanga, à Alarobia, de recevoir la visite des forces de l’ordre.

Menace permanente. Harilala Ramanantsoa, la maire d’Antananarivo, n’a pas pu faire exception. Elle a été placée sous contrôle judiciaire après son audition au Pôle anti-corruption (PAC). Jusqu’ici, la première magistrate de la Ville des Mille fait face à une menace permanente de destitution. Mirana Rajaonah, une des grandes figures du régime Rajoelina, figurait, quant à elle, parmi les premières victimes des persécutions. Ayant été coordonnatrice générale du parti TGV et directrice des Affaires sociales et politiques auprès de la Présidence du temps du régime Volomboasary, elle avait été interpellée puis amenée dans les locaux de la Brigade criminelle à Anosy, le 19 octobre 2025, avec son époux Landry Hasina Razafindrakoto, DG de la société ANALOGH, puis dircab au ministère des Transports et de la Météorologie. Une perquisition a également été effectuée dans leur résidence à Ambodifasina. Même sort pour Naina Andriantsitohaina, ancien maire de la CUA, non moins ex-ministre de l’Aménagement du territoire, qui est actuellement en cavale. Son épouse, Claudia Andriantsitohaina, a été relaxée après avoir été gardée à vue puis déférée au Pôle anti-corruption.

Aucun mandat. Connu comme étant proche de l’opérateur économique Mamy Ravatomanga, le sénateur Sylvain Rabetsaroana a aussi été victime d’une perquisition qui prenait l’allure d’une attaque à main armée. L’opération à son domicile a eu lieu le 30 octobre à 21 h 30. D’après les informations, les assaillants portaient des cagoules, étaient vêtus de tenues militaires et n’ont présenté aucun mandat. Une somme de 40 millions d’ariary et des devises s’élevant à 8 000 euros, ainsi que des objets de valeur estimés à 2 milliards de FMG, y ont été dérobés. Dina Andriamaholy, ex-secrétaire général auprès de la Présidence de la République, et son épouse Rojo Andriamaholy, membre de la Haute Cour constitutionnelle, ont également reçu une descente musclée des forces de l’ordre. Tout comme leurs parents, qui ont été ligotés et torturés dans leur domicile à Talatavolonondry le 30 novembre, en milieu de journée.

Des armes et de l’argent. De son côté, son statut de diplomate et président de la COI n’a pas suffi pour épargner Edgard Razafindravahy. Son domicile à Ambohimalaza a déjà été perquisitionné à deux reprises. À chaque fois, les militaires cherchent des armes et de l’argent. Pour sa part, Lanto Rakotomanga, députée de Tana II, a choisi la politique de la discrétion depuis la montée au pouvoir du régime de Refondation. Elle avait également été victime d’une perquisition. Tout comme Moussa Soalihy, chargé de mission auprès de la Présidence, placé sous contrôle judiciaire après avoir été gardé à vue pendant plusieurs jours à la Brigade criminelle à Anosy. Son procès est prévu d’avoir lieu ce jour à Anosy. Récemment, les perquisitions et arrestations ont repris de plus belle avec la perquisition du domicile du général à la retraite et ancien Premier ministre Désiré Rakotoarijaona ; l’interpellation de l’ancien chef de la région Vakinankaratra, Vy Vato Rakotovao ; la deuxième perquisition à la résidence du député IRMAR, Augustin Andriamananoro ; ainsi que l’interpellation et l’audition de Sareraka. Ce dernier n’a pourtant plus collaboré avec le régime d’Andry Rajoelina depuis l’affaire Appollo 21.

Trois personnalités de l’ancien régime ont été placées en détention préventive. Il s’agit de l’ancienne ministre de l’Éducation nationale, Sahondrarimalala Marie Michelle ; de l’ex-président du Sénat et général à la retraite, Richard Ravalomanana ; ainsi que de l’ancienne directrice de communication à la Présidence, Rinah Rakotomanga. Leur sort est certainement suspendu à la signature d’un accord politique. À souligner toutefois que plusieurs perquisitions ont été effectuées dans le strict respect des procédures et des lois en vigueur. En quatre mois, plusieurs militaires ayant participé à des perquisitions illégales ont été incarcérés. Comme ce fut le cas au domicile de l’ancien maire d’Ambohibao Antehiroka, Lalaina Vatosoa. Dernièrement, la ministre de la Justice, Fanirisoa Ernaivo, a lancé un avertissement ferme contre les auteurs de ces mauvaises pratiques et a appelé les citoyens à dénoncer ces cas d’abus. Sur les réseaux sociaux, les observateurs font remarquer que ce sont les personnalités originaires de la capitale ou des Hautes Terres qui subissent les persécutions. Même si cela ne relève que d’une pure coïncidence, ce choix politique risque d’être fatal pour les tenants du pouvoir lors des prochaines échéances électorales, dans la mesure où Tana et Fianarantsoa sont en tête en termes de nombre d’électeurs. 

Davis R 

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1 COMMENTAIRE

  1. Le journaleux voavidy vola déballe son TORCHON mais le karcher ne ratera pas les FORONGONY ! En même temps Rainilainga le lâche fuyard à Dubaï a reçu une raclée de l’OUA et pour cause :
    Bon. Puisqu’il faut parler franchement, parlons franchement. L’Union africaine t’a dit non. Pas un “peut-être”, pas un “on verra”, pas un “passe quand même”. Un non net, propre, diplomatique. Ton jet privé n’a pas survolé l’Éthiopie, et ton nom n’était pas sur la liste des invités à Addis-Abeba. Message reçu cinq sur cinq par tout le monde… sauf par toi. Et c’est là que le problème commence. Quand on n’est plus le président, on n’ agit pas comme si on l’était encore. Annoncer publiquement un déplacement en avion privé vers une réunion où seul le chef d’État en exercice est autorisé, c’est comme arriver à une fête après avoir été rayé de la liste, en frappant à la porte en disant : « Je suis déjà habillé, laissez-moi entrer. » Ça ne marche jamais. Jamais. À vouloir absolument exister dans l’agenda international, tu deviens envahissant. À vouloir forcer la photo, tu confirmes ton absence de statut. À vouloir montrer que tu comptes encore, tu montres surtout que tu n’acceptes pas qu’on t’ait dit stop. Et là, je te le dis sans détour : tu agis de manière toxique.
    Trop de présence, trop d’annonces, trop d’agitation. Tu parles trop fort dans une pièce où on ne t’a pas invité à entrer. La règle est simple : quand on te ferme la porte, tu t’éloignes .Tu te tais. Tu disparais. Tu laisses planer le doute.
    Parce que le manque attire toujours plus que l’insistance.; Aujourd’hui, tu fais exactement l’inverse : tu t’accroches, tu forces, tu t’imposes. Résultat ? L’UA ne te voit plus comme un ancien chef d’État respectable, mais comme l’ex qui refuse de comprendre que la relation est terminée. Le pouvoir, quand il n’est plus là, se travaille dans l’ombre. Pas sur les pistes d’aéroport, pas dans les communiqués tapageurs, encore moins dans un jet privé bloqué avant même d’avoir décollé politiquement. Fais silence . Arrête les annonces . Laisse les institutions respirer sans toi. Parce qu’à ce rythme, ce n’est pas seulement l’espace aérien éthiopien qui te sera fermé. C’est l’espace politique tout court.

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