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mardi, février 24, 2026
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Ramena : Zone protégée… protestée !

Sur cette plage splendide, balayée par le vent et les promesses, on ne parle plus de pêche. On parle désormais de « zone protégée ». Ça sonne noble, ça sonne vert, bien sûr, ça sonne 2030.

Dans la baie d’Antsiranana, le projet file à grande vitesse. Plus vite, peut-être, que les pirogues qui rentrent au lever du jour. Portée par l’ONG Mada, appuyée par la Direction régionale de l’Environnement et du Développement durable (DREDD) et la Direction régionale de la Pêche et de l’Économie bleue (DIRPEB), bénie par un décret d’urgence, l’aire protégée est presque une réalité administrative… sociale, pas encore.

Lors de la réunion d’information, il n’y a pas eu d’applaudissements nourris. Les pêcheurs ont écouté sérieusement, avec les sourcils froncés. Puis la question est tombée, simple, directe, sans vernis technique : « Nous, on y gagne quoi ? » Objectif national oblige, Madagascar s’est engagé à classer 30% de son territoire en aires protégées d’ici 2030. Sur le papier, c’est ambitieux. Dans les dossiers, c’est cohérent. Sur le sable de Ramena, c’est une autre histoire. Ici, la « protection » ressemble surtout à une série de restrictions soigneusement emballées dans un discours environnemental bien ficelé. Certes, la zone est classée en catégorie 5. Certaines activités restent autorisées. Mais à condition de respecter des normes strictes. Très strictes. Trop strictes, murmurent les concernés, du genre : « vous pouvez continuer à travailler, mais autrement. » Le décret est publié. La décision actée. La concertation, elle, semble encore en incubation. Ramena n’est pas qu’une plage. Derrière les couchers de soleil et les selfies, il y a des familles. La mer nourrit. La plage fait vivre. D’après les concernés, le but est de transformer ces activités sans alternative claire : c’est demander à des communautés entières de sauter sans filet. Le député élu à Diego II, Dr Raymond, s’est rangé aux côtés des riverains. Son constat est sans détour : pas de plan d’accompagnement solide, pas d’industrialisation en vue, pas d’activités de substitution. Ici, la mer, c’est un salaire. Pendant que les tableaux stratégiques se remplissent à l’approche de 2030, les pêcheurs, eux, comptent leurs filets… et leurs incertitudes. La protection ne doit pas devenir une punition verte. Sinon, à force de vouloir sauver l’écosystème sans embarquer les habitants, on risque de préserver les poissons et de perdre les hommes.

Iss Heridiny

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