
Après une étape remarquée à Moscou, le Colonel Michaël Randrianirina a mis le cap sur la France hier. Une visite de travail placée sous le signe d’une ouverture tous azimuts, où l’intérêt national prime sur les clivages géopolitiques.
Le tarmac d’Ivato a une nouvelle fois été le théâtre d’un départ présidentiel de haute importance. Le Président de la Refondation de la République, le Colonel Michaël Randrianirina, accompagné de son épouse et d’une délégation restreinte mais stratégique, s’est envolé pour Paris. Ce déplacement dans la capitale française succède immédiatement à une visite officielle en Russie, marquant ainsi une volonté d’équilibre diplomatique qui ne passe pas inaperçue. L’angle est clair : la Grande île ne compte pas s’enfermer dans des blocs exclusifs. Avant de monter à bord, hier, le Chef de l’État a tenu à recadrer les enjeux de cette tournée internationale. « Madagascar est totalement ouvert aux nations du monde entier dès lors que le peuple malgache peut en tirer profit », a martelé le Colonel Michaël Randrianirina.
Démarche souveraine
Pour le locataire d’Iavoloha, cette escale parisienne n’est en aucun cas une « réponse » ou une compensation au voyage moscovite. Il s’agit d’une démarche souveraine, préparée de longue date par les chancelleries des deux pays. Le message est adressé tant à la communauté internationale qu’à l’opinion publique nationale : la diplomatie malgache version « Rénovation » se veut pragmatique et décomplexée. « Nous sommes ouverts à la coopération avec les pays présentant des intérêts pour Madagascar », a-t-il précisé, rappelant que l’accueil de l’autre est un pilier de l’identité malgache.
Contrôle douanier
Fait marquant avant son départ, le Président s’est volontairement soumis, pour la deuxième fois, au contrôle douanier. Un geste fort, loin d’être anodin, visant à instaurer une culture de la redevabilité au sommet de l’État. En laissant inspecter ses propres bagages, le Colonel Randrianirina a voulu rappeler aux agents leurs « hautes responsabilités » de gardiens des frontières. « Nul ne doit être exempté de fouille tant qu’il se trouve à Madagascar », a-t-il déclaré avec fermeté. Une manière de signifier que la lutte contre les sorties illicites de nos richesses nationales concerne tout le monde, sans exception de rang ou de fonction.
Dossiers concrets
L’agenda parisien s’annonce dense. Le point d’orgue de cette visite sera la rencontre avec le président français Emmanuel Macron, prévue ce mardi 24 février 2026 au Palais de l’Élysée. Les discussions devraient sortir des sentiers battus du protocole pour aborder des dossiers concrets. L’économie et les infrastructures seront au cœur des échanges, tout comme les secteurs vitaux de l’agriculture et de l’élevage. Le volet de l’enseignement supérieur n’est pas en reste, soulignant la volonté de renforcer le capital humain. Pour Madagascar, l’objectif est de transformer ces relations historiques en leviers de développement tangibles, loin des simples discours de circonstance. La France reste un partenaire de premier plan, et Ivato entend bien faire fructifier cette coopération sur une base d’intérêts mutuels.
Julien R.



