
La coopération militaire entre Madagascar et la France se poursuit et se structure, malgré l’intensification récente des relations de défense entre Antananarivo et Moscou.
C’est l’un des messages forts du communiqué conjoint publié à l’issue de la rencontre entre Michael Randrianirina et Emmanuel Macron, mardi 24 février à 14 heures, au palais de l’Élysée. Dans un contexte international « marqué par de nombreux défis », les deux chefs d’État ont « réaffirmé leur engagement pour un partenariat renouvelé, équilibré et résolument tourné vers l’avenir, fondé sur le respect mutuel et orienté vers des résultats concrets au bénéfice de leurs populations respectives ». Une formulation diplomatique qui fixe le cadre. La relation franco-malgache se veut stable, stratégique et inscrite dans la durée.
Alors que la coopération militaire russo-malgache a connu une avancée notable depuis janvier, Paris et Antananarivo affichent leur volonté de maintenir un axe sécuritaire solide. Parmi les trois priorités qui structureront la relation bilatérale pour les vingt-quatre mois correspondant à l’échéance du processus de Refondation figure, en effet, la « poursuite de la coopération de sécurité et de défense, dans le respect de la souveraineté des deux États ». Le signal est clair. La France veut rester un partenaire de défense actif vis-à-vis de Madagascar. Cette mention intervient au moment où le nouveau régime malgache diversifie ses partenariats stratégiques.
Équilibré. L’Élysée et Iavoloha choisissent ainsi la continuité plutôt que le retrait, et la coordination plutôt que la rupture. Au-delà du volet sécuritaire, les deux présidents ont « agréé une série d’orientations » pour baliser la relation bilatérale jusqu’à la fin du processus de Refondation. Il s’agit de « la consolidation de la relation politique, le soutien au développement économique dans un climat d’affaires amélioré, et la coopération en matière de sécurité et de défense ». Emmanuel Macron a salué « les premières avancées du processus de Refondation » et a aussi réitéré « le soutien de la France à la poursuite de ce processus en vue de l’organisation d’élections libres et transparentes dans le cadre du calendrier établi ». La France s’aligne ainsi sur l’agenda politique fixé par les tombeurs d’Andry Rajoelina, tout en conditionnant son appui à la tenue d’échéances électorales crédibles. Le partenariat est présenté comme « renouvelé » et « équilibré ».
En toile de fond, un autre dossier sensible s’est invité dans les échanges : notamment la négociation de l’effacement de la dette liée au projet de téléphérique engagé sous le régime d’Andry Rajoelina. Le sujet est plus délicat. Siteny Randrianasoloniaiko, membre de la délégation malgache présente à l’Élysée, a déclaré que, « lors de la rencontre diplomatique, il a été clairement établi que l’effacement de la dette du projet de téléphérique doit être examiné de manière transparente et responsable ». « Si nous voulons réellement construire une nouvelle coopération fondée sur la confiance et le respect mutuel, nous devons d’abord regarder les charges laissées par les décisions antérieures », a déclaré le président de l’Assemblée nationale sur son compte Facebook.
Rija R.



