
Économiste de renom et non moins analyste politique, Hugues Rajohnson, qui préside actuellement l’association « Sinibekevitra », donne son avis sur la situation qui prévaut actuellement au pays.
Sur le plan économique notamment, Hugues Rajohnson estime que le système fiscal actuel demeure encore pénalisant.
Blocage
Lors d’une conférence de presse qu’il a donnée, hier à l’Hôtel Brajas Ambondrona, l’économiste a expliqué que l’administration impose encore beaucoup trop de taxes aux opérateurs économiques, qui ne peuvent par conséquent développer convenablement leurs entreprises. Une manière de dire que la fiscalité actuelle est pénalisante, non seulement pour les opérateurs économiques, mais pour l’ensemble de l’économie nationale. À cela s’ajoute un autre blocage au niveau du système financier, caractérisé par l’insuffisance de l’inclusion financière. « Les banques opérant à Madagascar ne font pas convenablement leur travail en matière d’octroi de crédit », soutient Hugues Rajohnson, qui dénonce par ailleurs la lourdeur administrative qui prévaut actuellement au pays. Autant de freins au développement qui lui font dire que finalement, et contrairement à ce que les citoyens ont attendu après les mouvements populaires, il n’y a pas eu beaucoup de changements, aussi bien sur le plan économique que politique.
Faussé
En parlant justement du contexte politique qui prévaut, Hugues Rajohnson estime que le concept de refondation est complètement faussé. « Quand on parle de refondation, cela veut dire qu’il fallait d’abord détruire le système existant avant de reconstruire un autre complètement différent », a-t-il affirmé. Et de continuer : « ce qui se passe actuellement, c’est qu’on continue ce qui a été fait avant avec, peut-être, quelques changements. » Une manière d’expliquer qu’une vraie refondation consiste à faire table rase du passé et partir sur de nouvelles bases. Parlant du paysage politique actuel, le président de Sinibekevitra estime que, comme cela a toujours été le cas durant les régimes qui se sont succédé, la plupart des dirigeants ne sont pas des politiciens qui pensent réellement aux biens du pays. « La nomination ou la désignation des hauts dirigeants se font toujours sur la base de longs CV, mais en réalité, les nommés pensent avant tout à leurs propres avantages au lieu de travailler réellement pour le développement du pays. » Pour Hugues Rajohnson, ce sont plutôt les sages serviteurs du peuple qui doivent gouverner pour mener le pays vers un véritable développement.
R.Edmond.



