Et de deux. Après une première abstention en février 2025, Madagascar a une nouvelle fois adopté une diplomatie de silence lors du vote sur la crise russo-ukrainienne à l’Assemblée générale des Nations unies.
Neutralité silencieuse
Absente au moment du scrutin, la Grande île a ainsi évité d’être formellement comptée dans un camp ou dans un autre, dans un contexte international profondément polarisé depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Une position qui n’est pas isolée puisque plusieurs États africains ont adopté des attitudes similaires lors des différentes résolutions liées au conflit ukrainien. Une retenue qui n’est, par ailleurs, pas nouvelle puisqu’elle s’inscrit dans une tradition diplomatique héritée du mouvement des non-alignés : celle de préserver une marge de manœuvre, ne pas s’inscrire dans une logique de blocs, maintenir des relations équilibrées avec l’ensemble des partenaires internationaux. Une telle prudence stratégique est en tout cas propre à certains pays en développement, confrontés à leurs propres défis économiques et sociaux, et privilégiant leurs intérêts immédiats plutôt qu’une prise de position sur un conflit éloigné géographiquement. Les conséquences devraient rester mesurées, estiment les observateurs, puisque Madagascar n’est pas un acteur central de l’équilibre stratégique mondial. Il n’empêche que ce choix contribue à façonner l’image internationale du pays : celle d’un État prudent, soucieux de préserver son autonomie diplomatique, mais aussi d’un partenaire dont la position sur les grands enjeux géopolitiques demeure nuancée. Une sorte de neutralité silencieuse destinée à maintenir les relations avec différents partenaires.
R.Edmond.