
À Paris, les signaux adressés à Madagascar convergent autour d’un même mot d’ordre : l’investissement.
Lors d’une rencontre avec le président de la Refondation, le colonel Michaël Randrianirina, le représentant de la Banque mondiale à Madagascar, Atou Seck, a salué le « sérieux » observé dans la mise en œuvre des réformes engagées par le gouvernement malgache. La réunion s’est tenue en présence du Medef International et du Groupement des entreprises de Madagascar, dans un contexte où le pays cherche à consolider sa crédibilité auprès des partenaires économiques et financiers. Selon Atou Seck, des avancées sont perceptibles dans la réduction de l’écart entre les textes et leur application. Il a notamment relevé une volonté plus affirmée de clarifier les règles et de veiller à leur respect, ainsi qu’un pragmatisme accru dans la conduite des projets. Pour la Banque mondiale, cette évolution est de nature à renforcer la confiance du secteur privé, tout en améliorant la capacité de Madagascar à attirer et à absorber les investissements. À l’heure où les financements concessionnels se raréfient à l’échelle internationale, l’institution estime d’ailleurs que le développement économique du pays doit désormais reposer davantage sur un modèle porté par l’investissement privé.
Attirer les investissements
Ce même message a été défendu par le ministre de l’Économie et des Finances, Dr Herinjatovo Ramiarison, lors d’un échange avec la diaspora malgache en France. Le ministre a présenté l’investissement comme le levier central du renforcement économique, de la stabilité monétaire et de la justice sociale. Il a mis en avant plusieurs chantiers structurants, parmi lesquels la création d’un Fonds national de développement industriel, appelé à soutenir les investissements de long terme et à accompagner les projets lourds susceptibles de renforcer durablement la base productive nationale. Le Dr Herinjatovo Ramiarison a également évoqué la question de la convertibilité de l’ariary, qu’il juge indissociable de la solidité de l’économie. Selon lui, une monnaie forte repose d’abord sur des fondamentaux économiques robustes. Dans cette perspective, Madagascar envisage toutefois des mécanismes de transactions bilatérales en monnaies convenues avec certains partenaires étrangers afin de faciliter les échanges commerciaux et l’investissement. Enfin, le ministre a lancé un appel à la diaspora pour transformer une part croissante des transferts de fonds en investissements directs. Il a assuré que des efforts sont en cours pour rendre l’investissement plus accessible, tout en confirmant la régularisation progressive du rappel de l’indemnité d’installation des fonctionnaires retraités.
Antsa R.