
La coopération entre Madagascar et le Japon est renforcée dans le cadre de la mise en œuvre de deux projets, à savoir « Fy Vary » dans sa phase 2 et « VaryAla », pour une durée de cinq ans, étalée entre 2025 et 2030.
Le premier projet constitue un projet de vulgarisation de technologies innovantes pour la promotion de la production de riz dans les rizières pauvres en nutriments, tandis que le second est un projet de développement du système de riziculture durable et diversifié mettant en exergue l’importance des fonctions des forêts. Ce sont deux projets complémentaires, financés par la JICA (Agence japonaise de la coopération internationale), permettant à Madagascar de faire face aux défis alimentaires et climatiques tout en promouvant une riziculture durable. Mis en œuvre en partenariat avec le ministère de l’Agriculture et de l’Élevage, ces deux projets mettent en exergue le développement d’une technologie agricole innovante et à faible émission de gaz à effet de serre. « Il s’agit de la technique P-Dipping, qui est une méthode de fertilisation consistant à appliquer sur les racines des jeunes plants une suspension de sol enrichie en faible quantité de phosphore avant leur repiquage. Plus de 7 000 producteurs de Vakinankaratra ayant reçu une formation adoptent actuellement cette technologie innovante. Dans le cadre du projet « Fy Vary » II, nous leur avons doté d’engrais TSP à base de phosphore importés du Maroc en vue d’accroître les rendements de 30 à 40%. En effet, une carence en phosphore a été identifiée presque dans toutes les régions de Madagascar, suite à des analyses de sols effectuées par des chercheurs en partenariat avec le centre FOFIFA », a expliqué Aya Fujita, experte de la JICA.

Dépenses moindres. Les producteurs adoptants ont témoigné de l’efficacité de cette technologie agricole innovante. À titre d’illustration, « j’ai constaté de visu une nette différence entre la technique P-Dipping et la technique conventionnelle quant à la repousse des plantes repiquées au même moment. En outre, je dépense moins en matière d’apport en engrais. L’an dernier, j’ai dû acheter 15 kg d’engrais NPK à raison de 6 000 Ar/kg, sans compter le compost, alors que 2 kg d’engrais TSP coûtant 9 000 Ar ont suffi pour fertiliser les parcelles », a raconté Gilbert Randrianjafy, un agriculteur à Fihaonana, commune rurale d’Andravola, dans le district d’Ambatolampy. Quant à Valiarison Jean, un producteur à Antsaha, commune rurale d’Andriambilany, il avance que les dépenses en semences sont également moindres. Voahangy Rasoazanamavo, une autre paysanne dans la même commune, confirme cet avantage en précisant que la quantité de semences utilisées avec l’application de la technique P-Dipping a diminué considérablement, jusqu’à un quart. « Très convaincue de sa performance, nous allons transmettre cette nouvelle technologie à nos enfants », a-t-elle rajouté. Tous ces agriculteurs sont convaincus que le P-Dipping est facile à adopter tout en contribuant à une amélioration nette de leurs rendements de productivité. Outre l’amélioration de la production, cette technique P-Dipping permet également à la riziculture d’être résiliente face aux inondations et au froid.
Émission de gaz à effet de serre
Force est de remarquer que Madagascar est l’un des grands pays producteurs de riz. Cependant, « la riziculture est une source importante d’émission de gaz à effet de serre, notamment le méthane. Des sites d’expérimentation sont ainsi mis en place à Behenjy dans le cadre du projet « VaryAla » en vue d’évaluer et de mesurer le taux d’émission de carbone durant la campagne culturale du riz. Pour ce faire, des prélèvements sont effectués à chaque intervalle de 15 minutes sur différentes parcelles, dont une parcelle où l’on applique la technique P-Dipping. L’objectif consiste à améliorer la production tout en réduisant l’émission de gaz à effet de serre », a fait savoir Ranjakason Annie, une étudiante préparant sa thèse au sein du Laboratoire des radio-isotopes. Dimby, un technicien agricole travaillant pour le projet « VaryAla », a enchaîné que divers matériels et équipements sont utilisés pour réaliser cette étude, tandis que les analyses de ces prélèvements se feront au Japon.
Navalona R.



