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mardi, septembre 29, 2026
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Dr Andriamparany Rakotohasina : « La cryptococcose neuroméningée tue encore trop à Madagascar »

Un constat alarmant vient d’être dressé par le docteur Andriamparany Rakotohasina lors de ses travaux de recherche. Avec un taux de mortalité frôlant les 50 %, cette infection liée au VIH révèle les failles du dépistage précoce et l’accès limité aux soins d’urgence dans la Grande île.

C’est un cri d’alarme qui résonne dans les couloirs des CHU de Befelatanana et d’Analakininina. La cryptococcose neuroméningée (CNM), une infection opportuniste redoutable causée par un champignon s’attaquant au cerveau, continue de faire des ravages parmi les personnes vivant avec le VIH (PVVIH). L’étude menée sur une décennie (2015-2025) par le Dr Andriamparany Rakotohasina, qui vient de soutenir lundi son mémoire pour l’obtention du diplôme d’études de formation spécialisées (DEFS) en maladies infectieuses, est sans appel : 47,2 % des patients succombent à la maladie dans les dix semaines suivant le diagnostic. Un chiffre « inacceptable » pour les spécialistes, alors que des solutions thérapeutiques existent ailleurs. À entendre les explications du docteur, « la cryptococcose neuroméningée tue encore trop à Madagascar ».

95 %. Le profil des victimes dessine une réalité sociale tragique. Il s’agit majoritairement d’hommes jeunes (moyenne d’âge de 36 ans), forces vives de l’économie, qui ignorent souvent leur séropositivité. L’étude révèle que près de 95 % des patients découvrent qu’ils portent le VIH seulement au moment de leur hospitalisation pour la CNM. Ce retard de diagnostic est le premier facteur de mortalité. En arrivant à l’hôpital après un délai médian de 30 jours de symptômes (céphalées, troubles de la conscience), les patients présentent déjà une immunodépression profonde. « Le niveau de défense immunitaire conditionne directement la survie », souligne le chercheur.

Médicaments. Au-delà du dépistage, le plateau technique et l’accès aux médicaments posent problème. Le traitement de référence international repose sur une combinaison de molécules (amphotéricine B et flucytosine) qui reste un luxe hors de portée pour beaucoup. À Madagascar, la flucytosine est absente des rayons, forçant les médecins à utiliser des schémas thérapeutiques de seconde zone. Résultat : près de la moitié des malades reçoivent un traitement sous-optimal. De plus, l’hypertension intracrânienne, complication majeure de cette méningite, nécessite une surveillance constante et des ponctions lombaires répétées, un défi logistique dans des hôpitaux aux ressources limitées.

Solution. Pour le Dr Rakotohasina, la solution ne peut être que structurelle. Pour faire baisser cette courbe de mortalité, trois leviers sont indispensables : intensifier le dépistage communautaire du VIH pour éviter les découvertes tardives, généraliser les tests de dépistage précoce de l’antigène cryptococcique (CrAg) et, surtout, garantir la disponibilité permanente des antifongiques performants sur tout le territoire. La CNM n’est pas une fatalité, c’est le miroir d’un système de santé qui doit encore renforcer son continuum de soins pour que « VIH » ne soit plus synonyme de condamnation à mort rapide.

Julien R.

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