- Publicité -
lundi, septembre 21, 2026
- Publicité -
AccueilPolitiqueMinerais stratégiques : Washington verrouille ses positions à Madagascar

Minerais stratégiques : Washington verrouille ses positions à Madagascar

Le site de Vara Mada à Toliara.

En pleine tension géopolitique mondiale et alors que la course aux minerais stratégiques s’intensifie, les États-Unis affichent clairement leurs ambitions à Madagascar.

La bataille mondiale pour les minerais critiques se joue aussi à Antananarivo. Hier, mercredi 4 mars, la chargée d’affaires des États-Unis, Stephanie Arnold, a rencontré le ministre malgache des Mines, Carl Andriamparany, afin de réaffirmer l’engagement américain en faveur d’un partenariat fort dans le secteur minier. Derrière les formules diplomatiques, publiées sur la page Facebook de l’ambassade américaine, évoquant la transparence, la prévisibilité et les bonnes pratiques, un objectif stratégique se dessine clairement. Dans un contexte de tensions géopolitiques accrues et de compétition mondiale pour les terres rares, Washington entend sécuriser durablement l’accès aux ressources malgaches.

Cette offensive américaine s’inscrit dans un contexte global explosif. Au cœur de cette stratégie figure le projet Vara Mada à Toliara, détenu intégralement par la société américaine Energy Fuels. Bien que le projet en question n’ait pas été évoqué dans la communication officielle américaine lors de la rencontre bilatérale, il s’agit aujourd’hui du plus important investissement minier américain dans la Grande Île. Energy Fuels a acquis ce projet en 2024 lors du rachat de l’Australienne Base Resources. Dès cette opération, l’entreprise a présenté le gisement comme une source majeure de monazite, un minerai riche en terres rares. Ces éléments sont devenus indispensables aux batteries électriques, aux éoliennes, aux technologies numériques et aux systèmes de défense. La transition énergétique et la rivalité industrielle entre grandes puissances ont transformé ces minerais en actifs stratégiques majeurs.

Selon l’étude de faisabilité actualisée publiée par l’entreprise, Vara Mada, ex-Base Toliara, pourrait produire environ 959 000 tonnes d’ilménite, 66 000 tonnes de zircon, 24 000 tonnes de monazite et 8 000 tonnes de rutile. La durée de vie initiale de la mine est estimée à 38 ans, avec un potentiel d’extension après de nouveaux forages. Cela représente près de quatre décennies d’approvisionnement sécurisé pour le groupe américain. L’enjeu ne réside pas seulement dans l’extraction. Une fois la monazite produite à Madagascar, elle sera expédiée vers l’Utah pour être traitée à la White Mesa Mill. Cette installation est la seule usine de traitement d’uranium encore en activité aux États-Unis et possède également la capacité de transformer la monazite en oxydes de terres rares légers et lourds.

Modèle intégré

Concrètement, Madagascar fournirait la matière brute, tandis que la transformation industrielle et la valeur ajoutée stratégique seraient captées sur le territoire américain. Energy Fuels présente d’ailleurs Vara Mada comme un pilier central de son modèle intégré de matériaux critiques, organisé autour de White Mesa. L’objectif est clair : réduire la dépendance des États-Unis aux chaînes de raffinage dominées par l’Asie et sécuriser une filière nationale de terres rares. La rencontre entre Stephanie Arnold et Carl Andriamparany s’inscrit donc dans une dynamique mondiale de repositionnement stratégique.

Les États-Unis multiplient les partenariats en Afrique afin de diversifier leurs sources d’approvisionnement. La Grande Île, riche en ressources et située dans un espace géostratégique clé de l’Océan Indien, représente une pièce importante de ce dispositif. Du côté américain, le discours insiste sur la modernisation du cadre réglementaire malgache et sur la nécessité d’un environnement d’investissement stable et prévisible. Washington affirme également soutenir des pratiques responsables et veiller à ce que les retombées bénéficient aux communautés locales. Reste une interrogation centrale : dans cette course mondiale aux minerais critiques, quelle part réelle de la richesse restera dans l’économie malgache si la transformation stratégique se fait à l’étranger ? La question de la montée en gamme industrielle et du transfert de technologie demeure ouverte. Dans un monde où les terres rares sont devenues un instrument de puissance, le sous-sol malgache prend une dimension nouvelle.

Rija R.

Suivez nous
502,213FansJ'aime
22,466SuiveursSuivre
8,516SuiveursSuivre
2,891AbonnésS'abonner
Articles qui pourraient vous intéresser

1 COMMENTAIRE

  1. Aiza ingahy Siteny amin’izao, toa tsy heno? Nanohana 100% ny projet Base Toliara ranamana tany aloha, fa nony lasa nanohitra an’ingahy Rajoelina, dia lasa notoheriny ny projet Base Toliara, amin’izao indray toa tsy re feo?

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici