Bonne nouvelle pour l’industrie pétrolière malagasy. Madagascar Oil annonce la reprise de la production d’huile lourde de Tsimiroro. Une reprise progressive et soigneusement maîtrisée des opérations, avec un objectif à court terme d’atteindre une production de 300 à 3 000 barils de fioul lourd par jour, dans les prochains mois.
Nouvelle phase
On rappelle que la production commerciale a été suspendue en 2016, lorsque Madagascar Oil avait décidé d’arrêter temporairement l’extraction, en raison notamment de la saturation de la capacité de stockage et des problèmes logistiques dus notamment à l’état de la route d’acheminement des produits. Par la suite, Madagascar Oil s’était limitée à la vente des stocks existants, à la restructuration financière de l’entreprise, mais également à la préparation d’une nouvelle phase de développement industriel. Une phase qui aboutit à cette reprise de production annoncée hier, lors d’une conférence de presse, par Yanto Sianipar, le nouvel administrateur général de Madagascar Oil. La première phase de développement comprend la réactivation des puits existants, suivie du forage de nouveaux puits, ainsi que la modernisation des installations d’injection de vapeur et de production. « Nous relançons la production avec une organisation solide et une approche opérationnelle et technologique prudente. Notre priorité est de positionner Tsimiroro sur une trajectoire de stabilité et de développement continu à long terme », a déclaré Yanto Sianipar.
De haute qualité
Cette reprise fait, en tout cas, le bonheur des clients industriels régulièrement approvisionnés en fioul lourd par Madagascar Oil depuis 2022, dans différentes régions comme Antsirabe et Antsiranana. Les entreprises clientes de Madagascar, dont, entre autres, la STAR, SOCOTA, PFOI, Alpha Cement, Savonnerie Tropicale… ont eu le privilège d’être fournies par Madagascar Oil, grâce à un fioul lourd de haute qualité, adapté aux spécifications des clients afin d’optimiser les performances, de réduire les coûts d’exploitation et de limiter les interruptions d’activité. À terme, Madagascar Oil envisage de devenir un fournisseur régulier de la JIRAMA. Une bonne option pour la société nationale d’électricité, qui pourrait dans ce cas réduire la dépendance aux carburants importés. À noter qu’une flotte logistique dédiée ainsi qu’un terminal de stockage à Tsiroanomandidy ont été déployés afin d’assurer la continuité, l’efficacité et la fiabilité des livraisons. Une efficacité qui va se renforcer avec la reprise, grâce aux efforts déployés par l’équipe actuelle. « Au cours des derniers mois, Madagascar Oil a mobilisé une équipe d’exploitation expérimentée, spécialisée dans le pétrole lourd, afin de soutenir la reprise et la phase d’expansion du projet. Un élément central de cette démarche est le transfert structuré de compétences et d’expertise technique vers les professionnels malagasy. Plusieurs membres de l’équipe disposent notamment d’une expérience significative acquise sur le champ de Duri, en Indonésie, l’une des plus grandes opérations de production de pétrole lourd par injection de vapeur au monde ».
En étroite collaboration
Cette reprise s’avère, en tout cas, bénéfique aussi bien pour Madagascar Oil que pour ses partenaires, en particulier l’État. La compagnie pétrolière réaffirme, en effet, son engagement à travailler en étroite collaboration avec les autorités nationales, notamment l’OMNIS et le ministère des Mines, afin de garantir une production commerciale stable et durable au service de l’économie nationale. Certaines conditions structurelles et réglementaires demeurent également essentielles pour assurer la viabilité des investissements et la planification à long terme du projet. Il s’agit notamment de la stabilité du Contrat de Partage de Production (PSC), de l’adoption du décret d’application de l’article 55 du Code pétrolier, ainsi que de la réhabilitation de la Route Nationale 1Bis, infrastructure essentielle pour le transport des produits pétroliers lourds depuis Tsimiroro. À propos de la RN1 bis, Madagascar Oil affiche sa détermination à participer aux travaux, notamment sur les points noirs. L’investisseur principal de Madagascar-Oil, en l’occurrence l’américain Benchmark Group, affiche, en tout cas, sa détermination à contribuer à l’objectif de faire de la Grande Île un pays pétrolier.
R.Edmond.




