Le nom du nouveau locataire du Palais de Mahazoarivo est attendu demain, à l’issue d’une course à couper le souffle pour la classe politique, qui a peu de chances de franchir la ligne d’arrivée.
Majorité parlementaire
« Le Président de la République nomme le Premier ministre présenté par le parti ou le groupe de partis majoritaire à l’Assemblée nationale ». En application de ces dispositions de l’article 54, alinéa 1er, de la Constitution, le Président de la Refondation de la République (PRRM) va nommer le nouveau locataire du Palais de Mahazoarivo sur une liste de noms proposée par la nouvelle majorité parlementaire, composée notamment des dissidents IRMAR. « La Constitution n’exclut pas la création d’un groupe parlementaire composé de députés démissionnaires devenus indépendants », selon l’avis émis le 16 décembre 2025 par la Haute Cour constitutionnelle, suite à la saisine du président de l’Assemblée nationale.
Mi-civil, mi-militaire
L’actuel directeur général du Service des renseignements financiers (SAMIFIN), Mamitiana Rajaonarison, est en pole position dans la course à la Primature. « Je suis un administrateur civil qui était auparavant officier », mentionne-t-il sur le réseau professionnel Linkedin. En somme, il est mi-civil et mi-militaire, mais pas du tout un politicien. Il est au service non pas d’un parti politique, mais de l’État, dont il pourrait devenir le chef de l’administration s’il venait à être nommé au poste de Premier ministre. Son expérience en tant qu’officier supérieur de la gendarmerie et sa carrière d’administrateur civil répondent et correspondent aux attributions dévolues par la Constitution au chef du gouvernement, qui « assure la sécurité, la paix et la stabilité sur toute l’étendue du territoire national dans le respect de l’unité nationale ».
Nouveau PM demain
Concernant justement l’unité nationale, cette dernière est mise à mal par des dérapages verbaux qui frisent la dérive tribale, pour ne pas dire tribaliste. Le futur Premier ministre, quel qu’il soit, « dispose de toutes les forces chargées de la police, du maintien de l’ordre, de la sécurité intérieure et de la défense », d’après toujours la Constitution, qui n’impose pas de délai pour la nomination d’un nouveau PM, dont le nom sera connu, croit-on savoir, demain. Autrement dit, « le parti ou le groupe de partis majoritaire à l’Assemblée nationale » remettra le nom ou la liste des noms des « Premiers ministrables » aujourd’hui ou au plus tard demain. Sans passer par la convocation d’une session extraordinaire de la Chambre basse, qui n’est pas exigée par la loi fondamentale dans la procédure de nomination du Premier ministre, chef du gouvernement. Il y a d’ailleurs un précédent dans les annales de la Quatrième République avant la Refondation.
R.O


